Patrimoine

Les musées vaudois ont fait leurs achats à Hauteville

L’ensemble de décors de théâtre du XVIIIe siècle, l’une des pièces maîtresses de la vente, a été acquis par le Musée national suisse pour le château de Prangins. Le siège de justice des seigneurs de Saint-Légier sera visible au Palais de Rumine, à Lausanne

Les musées vaudois ont fait leurs achats à Hauteville

Patrimoine Le siège de justice sera visible à Rumine et les décors de théâtre à Prangins

Le canton de Vaud aurait-il un brin de mauvaise conscience pour avoir laissé se disperser le week-end dernier l’ensemble artistique et décoratif hors du commun du Château d’Hauteville, au-dessus de Vevey (VD)? Au lendemain de la vente aux enchères (LT du 12.09.2015), il énumère dans le détail dans un communiqué les institutions publiques qui ont profité de l’occasion pour acquérir l’un ou l’autre objet.

Le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire (MCAH) a acquis pour 11 000 francs le fauteuil de noyer sculpté dans lequel les maîtres d’Hauteville rendaient la justice seigneuriale sous l’Ancien Régime.

Ce siège de justice, témoin rare de la production régionale de style Régence, rejoindra cet automne les salles d’histoire du Palais de Rumine.

D’autres collections officielles ont fait l’acquisition d’œuvres et de documents, comme le Musée de l’Elysée, les musées historiques de Lausanne, Nyon et Vevey, la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) ou les Archives cantonales vaudoises.

Des vues du domaine d’Hauteville par Steinlen, un plan général du domaine datant de 1778 et divers meubles du XVIIIe siècle seront conservés dans le domaine public.

Le Musée national suisse, par sa section romande du château de Prangins, n’est pas en reste. C’est lui qui a acheté l’une des pièces maîtresses de la vente: un rare ensemble de décors de théâtre du XVIIIe siècle, composé de vingt panneaux de toile peints à l’huile par l’artiste lyonnais Joseph Audibert.

Considérés comme d’importance internationale et sans doute les plus anciens encore conservés en Suisse, ces décors témoignent d’une occupation favorite de la noblesse vaudoise au siècle des Lumières. Ils avaient été commandés par Pierre­-Philippe Cannac, baron de Saint-Légier et constructeur de ce château. Resté jusqu’à aujourd’hui dans la même famille, mais désormais dépouillé de son contenu, le bâtiment est en vente pour 60 millions de francs.

Le Musée national suisse de Prangins s’était déjà enrichi, par un don de l’hoirie Grand d’Hauteville, d’une soixantaine de portraits de famille. Les propriétaires du château ont également cédé au Musée suisse du jeu de La Tour-de-Peilz une collection de jeux de société.

La vente aux enchères d’Hauteville, tout comme l’exposition qui l’a précédée, a attiré la foule. Les 1600 lots du catalogue, d’un prix de départ de 1,5 million de francs, ont été écoulés pour un total de 4,5 millions de francs.

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