Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

Terrorisme

Des musulmans de Suisse condamnent l’Etat islamique

Les dénonciations se multiplient en Europe. Des manifestations se préparent en Suisse

La voix des musulmans de Suisse tonne contre l’Etat islamique

Terrorisme Une marche contrela haine se prépare à Lausanne

Mais certains estiment qu’ils n’ont pas à se justifier

Des voix s’élèvent parmi les musulmans, en France, en Grande-Bretagne et jusqu’en Suisse, pour dénoncer les crimes commis au nom de l’islam. Une nouvelle onde de choc a secoué l’Europe, après la diffusion par un groupe ayant fait allégeance à l’Etat islamique (EI) d’une vidéo montrant la décapitation de l’otage français Hervé Gourdel. Le porte-parole de l’EI, Abu Muhammad al-Adnani, appelait lundi à tuer les citoyens de la coalition entrée en guerre contre l’EI, notamment les Français et Américains.

De plus en plus de musulmans ressentent l’urgence de se distancier de ces appels à la haine. En Suisse, où les communautés musulmanes se montrent d’ordinaire réservées, plusieurs manifestations ont éclos ces jours. Mardi, l’UVAM (Union vaudoise des associations musulmanes) s’est fendue d’un communiqué pour condamner «avec la plus grande fermeté» les exactions de l’EI, avant de participer à une veillée en faveur de la paix avec des représentants d’autres religions. «Cette organisation terroriste est en contradiction totale avec les valeurs essentielles de l’islam, souligne l’UVAM. Nous refusons toute instrumentalisation de cette tragédie visant à faire l’amalgame entre ce groupe terroriste et les citoyens de confession musulmane.»

C’est l’enjeu central pour ceux qui décident de s’exprimer: éviter la stigmatisation. Une marche contre la haine se prépare au sein de la communauté musulmane de Lausanne. Abdel Lamhangar, élu socialiste au Conseil général de Romont et propriétaire à Lausanne de l’agence de voyages La voie lactée, compte y participer: «Les premières victimes de Daech [acronyme arabe de l’Etat islamique] sont les musulmans, s’indigne-t-il. Ce sont eux qui payeront la facture du mépris. Nous devons résister à l’idée d’une guerre de civilisation qu’ils propagent. Il n’y a pas d’islam radical, il n’y a que des musulmans radicaux. Pour lutter contre eux, nous devons laisser la place à ceux qui ne le sont pas!»

«Nous sommes doublement otages, à la fois de ces actes barbares perpétrés au nom de notre religion, et des islamophobes qu’ils confortent dans leur méfiance à l’égard des musulmans», renchérit Hafid Ouardiri, directeur de la Fondation de l’entre-connaissance à Genève. Les musulmans de Suisse sont pourtant trop timides à ses yeux. Sa lettre exhortant les représentants de la communauté à manifester, adressée à la mosquée de Genève dont il fut le porte-parole durant trente ans, est restée sans réponse. «J’appelle à rompre le silence, car il nous accuse. Bien que nous n’ayons rien à voir avec ces crimes, nous devons être les premiers à les combattre.»

En France, un rassemblement a eu lieu devant la grande mosquée de Paris, vendredi. En Grande-Bretagne, de jeunes musulmans de l’organisation Active Change Foundation ont publié une vidéo sur les réseaux sociaux, terrain de prédilection des djihadistes. Sous le hash­tag #NotInMyName («pas en mon nom»), une dizaine d’individus s’adressent directement à l’EI qu’ils dénoncent. Ils appellent tous les musulmans à en faire de même sur Twitter.

En Suisse aussi, les initiatives émanent surtout de la société civile. Des musulmans appellent à un rassemblement devant l’horloge fleurie ce samedi à Genève, sous le slogan «pas en mon nom». Une campagne similaire se prépare à Lausanne. L’idée ne fait pourtant pas l’unanimité. Shady Ammane, fondateur du collectif Jasmin, à l’origine de cet élan, a reçu des messages indignés de ceux qui estiment qu’ils n’ont pas à se justifier de crimes qu’ils n’ont pas commis. «Si je condamne cette organisation, ce n’est pas parce qu’on me le demande, dit-il, mais parce que je veux m’adresser à ces criminels et leur dire d’arrêter d’utiliser ma religion pour commettre leurs atrocités.»

,

Rolf Heuer

«Nous devrions tous lire «La Parabole des trois anneaux», qui est au cœur de l’ouvrage de Lessing «Nathan le sage». On y apprend que la morale, en particulier la tolérance, n’est pas le propre d’une foi, mais plutôt une valeur universelle de l’homme»
Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a