Ils se sont faits discrets tout au long de la campagne anti-minarets. Par manque d’intérêt mais aussi par réticence à s’exposer, les quelque 350 000 musulmans résidant en Suisse sont restés en marge d’un débat politique et sociétal qui paraît les dépasser pour laisser la tribune aux porte-parole et aux leaders de leurs (nombreuses) communautés. Stigmatisée par l’UDC depuis la campagne de 2004 sur la naturalisation facilitée, cette minorité silencieuse reste une énigme à quelques jours d’un vote qui la concerne pourtant de près.

Dans le cadre d’un programme national de recherche, le PNR58, subventionné par le Fonds national suisse (FNS), Matteo Gianni, Marco Giugni et Noémi Michel, de l’Université de Genève, mènent la première recherche quantitative sur les musulmans de Suisse. Ils ont pour cela interrogé quelque 900 représentants des communautés balkaniques, maghrébines et turques ainsi que 300 non-musulmans (LT du 12.10.2009) sur des thèmes tels que l’intégration, la confiance dans les institutions suisses et le sentiment d’acceptation par les Suisses.

A l’approche du 29 novembre, et en exclusivité pour Le Temps, Matteo Gianni et Marco Giugni analysent les résultats intermédiaires de leur étude, dont les conclusions définitives seront publiées dans le courant de 2010.