santé

Le mystère de l’intoxication du Locle n’est toujours pas élucidé

Une contamination a eu lieu dans la ville du Haut du canton de Neuchâtel. Le porte-parole de la ville confirme et reconnaît qu’une «bonne partie de la population» souffre de diarrhées et de nausées. Les autorités ont décidé de purger le réseau de distribution

L’eau? Peut-être. Mais rien n’est encore sûr. Depuis vendredi en fin de journée, une étrange contamination touche les habitants du Locle (NE). Diarrhées, vomissements, crampes d’estomac «c’est foudroyant, mais tout le monde ne réagit pas de la même manière», témoigne une habitante. Des analyses sont en cours mais aucun résultat ne devrait être connu avant lundi matin.

«C’est assez violent», confirmait le porte-parole de la ville Bernard Vaucher au Temps samedi matin. «On ne parle que de cela en ville», ajoute-t-il. Personne n’est en mesure d’affirmer qu’il s’agit de l’eau ou d’autre chose. «Mais dans le doute, il vaut mieux s’abstenir de boire de l’eau. Et, même pour se brosser les dents, il est conseillé de faire bouillir l’eau au préalable», note le chargé de communication.

Le nombre de cas est difficile à recenser. Le communiqué officiel relève que trente malades ont effectivement été amenées à l’hôpital. Mais dans les faits, le nombre de personnes touchées est «énorme», assure dimanche Bernard Vaucher sans néanmoins s’aventurer à le chiffrer. «Pratiquement toutes les familles sont concernées», relève le porte-parole – qui a lui-même été contaminé. Un exemple: au home de la Résidence 92 des 170 patients ont été malades. Et 35 soignants.

Phénomène «rarissime»

Chez Viteos, la société qui s’occupe des services industriels du canton de Neuchâtel, on confirme que de multiples appels arrivent à la centrale. Pharmacies, particuliers, tous s’inquiètent de savoir si l’eau du Locle est toujours potable ou non. Pour l’heure on confirme que des échantillons sont actuellement pris dans la nappe qui alimente Le Locle mais les résultats ne sont pas encore connus. Selon toute vraisemblance, l’analyse des bacteries devrait être terminée lundi matin.

Dans l’intervale, une purge du réseau de distribution de l’eau a été entamée, selon un nouveau communiqué de presse publié dimanche en début de soirée. La société Viteos, en accord avec les autorités communales, vont également chlorer le réseau.

La canicule pourrait-elle être mise en cause? Pierre Bonhôte, chimiste cantonal, reconnaît que «ce n’est pas impossible. Si le niveau de la nappe était particulièrement bas et que cela a été suivi d’orages particulièrement violents chargés en bactéries…» Ce dernier ajoute que le phénomène est «rarissime» et que les installations du Locle sont pourtant «très modernes et très performantes».

La Chaux-de-Fonds, ville voisine, n’a rien à craindre. La Métropole horlogère est alimentée par l’Areuse et le Lac de Neuchâtel, tandis que Le Locle possède sa propre nappe phréatique qui alimente également la Brévine, le Cerneux-Péquignot et la Chaux-du-Milieu.

Publicité