Argovie

Encore des mystères autour du drame de Rupperswil

Après l’arrestation de l’auteur du quadruple meurtre, de nombreuses questions restent ouvertes

L’annonce, vendredi, de l’arrestation de l'auteur du quadruple meurtre perpétré le 21 décembre 2015 dans une maison de Rupperswil (AG), suscite de multiples réactions et interrogations. Comment et pourquoi la police a-t-elle resserré l’étau autour de cet homme âgé de 33 ans, un habitant du même village, inconnu de la justice? A-t-on affaire à un sadique, à un pédophile ou à un tueur en série?

La presse alémanique explique que cet homme très discret sur sa vie et sa famille vivait tout à fait normalement depuis les événements de décembre. Il a avoué les faits. Ce jour-là, il est entré dans la maison des victimes. Il a ligoté et bâillonné les deux fils et l’amie de l’aîné, avant d’accompagner la mère et de la forcer à retirer de l’argent à la banque. De retour, il les a tous tués et a mis le feu à la maison. Il a aussi abusé sexuellement du cadet des fils, âgé de 13 ans. Un acte d’une brutalité que la Suisse a rarement connu, estime le criminologue Martin Killias dans la Zentralschweiz am Sonntag. «Un crime bien préparé», selon Martin Kiesewetter, expert psychiatre dans le Sonntagsblick.

L’homme n’a ensuite pas changé ses habitudes, vivait avec sa mère et promenait ses chiens à proximité des lieux du crime, comme il le faisait auparavant, toujours la tête couverte, des écouteurs aux oreilles. Il participait très peu à la vie sociale du village, selon la SonntagsZeitung. Il est qualifié de «sympathique mais introverti» par ces anciens camarades de classe. Il se présentait comme étudiant en médecine, mais il vivait pour le football, entraînait les juniors, coordonnait les activités des différentes équipes. Personne ne s’est jamais plaint de lui, que ce soit les jeunes ou les parents. Mais depuis vendredi, le téléphone des membres du club ne cesse de sonner. Une rencontre devait avoir lieu hier, selon la NZZ am Sonntag. Mais l’auteur du quadruple assassinat de Rupperswil (AG) n’a apparemment pas commis d’autres actes d’ordre sexuel sur des enfants ou des jeunes. Les autorités argoviennes ont transmis lundi cette information aux parents des footballeurs juniors.

Dans le village, c’était la consternation, ce week-end, ont constaté plusieurs journalistes alémaniques. Les habitants ne peuvent pas croire que cet homme vivait «parmi eux». Les réactions restent cependant timides. Dans la Schweiz am Sonntag, un voisin raconte cependant que la mort subite du père, qui a succombé à un infarctus en 2011, a beaucoup affecté le futur meurtrier.

Le Sonntagsblick avance plusieurs pistes pour comprendre comment la police est arrivée jusqu’à lui: la contribution de profileurs, le fait qu’aucun téléphone portable étranger à la zone n’ait été repéré au moment du crime, l’observation des lieux du crime et l’apparition régulière du tueur, la découverte d’objets suspects lors d’un contrôle routier peu avant l’arrestation du jeune homme.

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