Ils sont les trois mousquetaires de la LAMal. Ruth Dreifuss en tant que cheffe du Département de l'intérieur, bien sûr, mais aussi Otto Piller, directeur de l'Office fédéral des assurances sociales et Fritz Britt son vice-directeur. Tous présents pour exposer les multiples facettes de la LAMal à la lumière d'une analyse qui ne fait que commencer. Et c'est une des qualités de la nouvelle loi d'avoir imposé cette évaluation critique qui doit permettre de diagnostiquer les maux et fournir les remèdes. On comprend alors que, durement chahutée depuis son entrée en vigueur, la LAMal continue à se construire. Elle porte en elle les instruments de cette longue élaboration.

«Elle n'a que trois ans», rappelait hier Ruth Dreifuss. On oublie en effet que certains cantons où l'assurance n'était pas obligatoire avant 1996 ont vécu une révolution. En Suisse romande, qui connaissait déjà partiellement ce régime, le choc n'a pas été moins rude car les objectifs de la nouvelle assurance sont extrêmement ambitieux: assurer toute la population pour les prestations les plus larges possibles, juguler les coûts. C'est un peu le mythe de Sisyphe. Inlassablement, les trois mousquetaires poussent leur rocher: conventions hospitalières, nouveau tarif médical, amélioration des subventions, mise à l'ordre des assurances complémentaires destinées à contourner la loi. Des réajustements passant par des crises douloureuses, comme celle de la Visana mais aussi par un vécu quotidien difficile. Le paiement des primes est un casse tête pour de nombreuses familles de la classe moyenne, les assurés peinent à se faire rembourser, on commence à parler de rationnement des soins. Les différents acteurs de la santé se sentent menacés.

L'analyse des effets de la LAMal rappelle à point nommé que le processus est complexe, mais qu'il est porteur d'une cohérence.

MCPP