«Je me souviens évidemment bien de ce jour-là. J’étais déjà rentré de New York depuis un petit moment car, cette année-là, le 11 septembre tombait deux jours après la finale de l’US Open et j’avais perdu en première semaine. J’étais donc au Centre national de tennis à Bienne, en train de m’entraîner à la salle de gym. Et tout à coup, j’ai entendu qu’il se passait quelque chose. Je ne sais plus très bien si j’ai reçu un message sur mon téléphone portable ou si quelqu’un est venu me prévenir de ce qui se passait. Toujours est-il que j’ai commencé à dire à tous mes amis d’allumer la télévision pour regarder ces nouvelles hallucinantes. Et c’est ce que j’ai fait moi aussi. Sur le moment, c’était difficile de vraiment saisir ce qui se passait. Je n’arrivais pas à y croire. La distance rendait la chose presque fictive. Et je pense que j’ai pris la vraie mesure de cet événement uniquement lorsque je suis retourné aux Etats-Unis après ça. Lorsque je suis revenu à New York, ce fut un grand choc. C’était presque irréel. Il m’était difficile de croire que quelqu’un ait souhaité et organisé une chose pareille. C’était lourd.

On sait qu’on n’est jamais complètement en sécurité nulle part dans ce monde. Ne serait-ce que sur la route vu le nombre d’accidents de voitures. Mais la prise de risque est quelque chose que tu peux contrôler jusqu’à un certain point. Tu essaies dans la mesure du possible de faire attention à toi sans toutefois rester enfermé dans une cage dorée. Il faut bien vivre. Mais quand un événement comme le 11-Septembre se produit, ça prend une autre dimension et ça n’aide pas à se rassurer. Ça a eu un impact important sur nous, les joueurs de tennis, car nous voyageons beaucoup et n’avons pas le choix. Nous faisons partie de ce monde de globe-trotters en permanence dans les avions. Alors, c’est clairement un événement qui nous a fait perdre une forme d’insouciance.»

Chaque jour pendant une semaine, des personnalités suisses parlent des répercussions du 11-Septembre sur leur vie. Demain: Klaus Schwab, président du World Economic Forum de Davos