Politique

Natalie Rickli, une candidate dopée par le sexisme de son adversaire

La candidature de l’UDC zurichoise aux élections cantonales 2019 reçoit un large soutien de son parti. Les attaques de son concurrent se sont retournées contre lui

L’UDC zurichoise tient sa nouvelle star: Natalie Rickli, 41 ans, briguera un siège au gouvernement lors des élections cantonales de mars 2019. Sa candidature a été plébiscitée par la base, qui, avec 244 voix, l’a largement préférée à son adversaire Christian Lucek.

Conseillère nationale depuis 2007, connue bien au-delà des cercles zurichois, à l’aise avec les médias, celle qui défend depuis onze ans la ligne dure du parti sous la Coupole partait avec un avantage certain. En 2011, son score fait d’elle la députée la mieux réélue du pays. On ne connaissait pas grand-chose en revanche de son adversaire, un militaire professionnel député au Grand Conseil zurichois depuis 2011.

L’un des chevaux de bataille de Natalie Rickli au National: Avant même le verdict sur «No Billag», l’UDC parle d’une redevance à 300 francs

«Souhaitons-nous quatre femmes au gouvernement?»

Sans doute à court d’arguments, il a tenté l’attaque sexiste. Dans un e-mail envoyé à un petit cercle de délégués en début de semaine, il a appelé ses alliés à questionner Natalie Rickli sur son état civil – elle est célibataire – ou ses projets familiaux. Une manière à peine masquée d’insinuer qu’elle serait inadaptée pour une candidature à l’exécutif, car elle pourrait avoir un enfant.

La lettre a fuité dans le Tages-Anzeiger, qui en rapportait ces extraits: «Des jolies affiches, c’est bien. Mais il s’agit avant tout de choisir une personne si possible pour huit ans de travail acharné, 16 heures par jour», a écrit Christian Lucek. Ou encore: «Souhaitons-nous quatre femmes au gouvernement?»

Elle n’a pas eu à dire beaucoup pour gagner

Ce faux pas lui a valu une véritable déconfiture devant les délégués du parti mardi soir et des remontrances de la hiérarchie de l’UDC, relate la presse zurichoise au lendemain du vote. Résultat: Natalie Rickli n’a presque rien eu à dire pour gagner.

Christian Lucek a beau être militaire de profession, il s’est révélé piètre stratège. Nul besoin d’être brillant pour se rendre compte de l’atout que représente pour l’UDC zurichoise la télégénique politicienne de 40 ans, bien connectée à Berne et active sur les réseaux sociaux, sur un ticket à deux aux côtés d’un ministre grisonnant. Ce n’était pas le moment de se vautrer dans le machisme, même si la manœuvre a trouvé quelques adeptes: Christian Lucek a tout de même obtenu 53 voix.

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