Une telle décision exclut toute nouvelle coopération dans le cadre d’Atalante, a prévenu quelques minutes auparavant le ministre de la défense Ueli Maurer. La Suisse n’a en effet plus le temps de mener de nouvelles négociations avec l’Union européenne, qui coordonne la mission, en vue d’y participer l’an prochain.

Comme le PLR, le PDC et quelques socialistes, le conseiller fédéral a plaidé en vain pour ne pas ternir l’image de la Suisse en matière de solidarité internationale. Refuser une participation à cette mission, c’est manquer une occasion unique de donner un signal autre que celui d’un pays égoïste qui agit uniquement sous la contrainte, l’a soutenu Hans Widmer (PS/LU).

Un argument rejeté par Josef Lang (Verts/ZG), pour qui la Suisse doit et peut se montrer solidaire, mais sur le plan civil et humanitaire uniquement. Il faut faire profiter le monde de ce qu’on sait faire le mieux en faveur de la paix et ce n’est pas la guerre, a-t-il lancé.

La Suisse est prête à apporter son aide sur le plan humanitaire en Somalie et elle ne pourra pas le faire tant que la stabilité dans le pays ne sera pas assurée, a rétorqué Ueli Maurer. Ce que permet justement la lutte contre la piraterie.

Mais pour l’UDC, il ne fait aucun doute qu’une fois sur place, les soldats suisses ne manqueront pas d’outrepasser le cadre légal de leur mission. Embarqués à bord de navires de guerre allemands, ils ne pourront pas ne pas défendre un navire marchand allemand attaqué par des pirates, quand bien même, sur le papier, ils seraient tenus de protéger uniquement les bâtiments de l’ONU et ceux battant pavillon suisse, a expliqué Roland Borer (UDC/SO).

Ne se prononçant pas sur cet aspect, Ueli Maurer a souligné que ces militaires, des professionnels issus du détachement d’élite DRA-10, étaient prêts à effectuer cette mission. Et que si celle-ci n’a pas lieu, la troupe ne sera pas dissolue pour autant puisqu’une de ses autres tâches est, par exemple, d’évacuer des Suisses à l’étranger.

Sur le fond, le ministre de la défense entend bien mener une nouvelle discussion sur le rôle de l’armée à l’étranger. «On ne peut pas discuter chaque année de l’envoi de quinze soldats», a-t-il fait valoir.

Indépendamment de la décision sur Atalante, il faut ouvrir le débat sur ce que l’on veut et peut faire en vue de trouver une base politique et une majorité fiables, a argumenté Ueli Maurer. Et d’annoncer que cela se fera dans le cadre du prochain rapport sur la politique de sécurité. Ce document est attendu au début de l’année prochaine.