Les conducteurs âgés devraient échapper pendant cinq ans de plus à l’examen médical obligatoire. Le National a soutenu mardi par 134 voix contre 48 un projet du parlement visant à en relever l’âge minimal à 75 ans. Le Conseil fédéral veut des mesures d’accompagnement.

«Aujourd’hui, on vit plus vieux plus longtemps. Il s’agit de tenir compte du prolongement de la vie active des personnes âgées», a expliqué Fabio Regazzi (PDC/TI). Le projet se base sur une initiative parlementaire de Maximilian Reimann (UDC/AG), qui vient d’avoir 75 ans.

La révision de la loi sur la circulation routière, qui devrait entrer en vigueur au plus tôt au deuxième trimestre 2019, prévoit que les détenteurs d’un permis de conduire des catégories non professionnelles doivent se soumettre tous les deux ans à un examen médical à partir de 75 ans, et non plus 70 ans comme c’est le cas actuellement.

La gauche a tenté le compromis, sans succès

Ces contrôles obligatoires permettent au médecin de vérifier l’aptitude à la conduite. Un conducteur de 74 ans qui a passé l’examen peu avant l’entrée en vigueur de la loi révisée ne devra pas retourner chez son médecin à 75 ans, mais seulement deux ans plus tard, a précisé Manfred Bühler (UDC/BE). Le projet concerne aussi les chauffeurs professionnels: dès 75 ans, ils devraient se soumettre à un examen bisannuel, contre tous les trois ans actuellement.

Sans succès, la gauche a proposé un compromis, le premier contrôle à 70 ans. Dès l’âge de 75 ans révolus, le conducteur aurait été soumis à un contrôle tous les deux ans.

A partir d’un certain âge, la rapidité et l’agilité baissent: il vaut mieux agir de manière préventive, a argué Thomas Hardegger (PS/ZH). Chaque année, il faut retirer le permis à plus d’un millier de conducteurs septuagénaires, a ajouté Bernhard Guhl (PBD/AG).

Progrès technologiques

Le gouvernement soutient ce projet. La nouvelle réglementation permettra de responsabiliser davantage les conducteurs âgés et de tenir compte des progrès technologiques. De plus en plus de véhicules sont munis de systèmes d’assistance qui facilitent la conduite. Reste à encourager les seniors à s’y familiariser.

Le Conseil fédéral souhaite accompagner la révision de la loi de mesures d’information et de sensibilisation afin d’éviter les effets négatifs d’un report du premier contrôle médical. Par exemple, un courrier pourrait être envoyé aux conducteurs dès 70 ans pour leur proposer des conseils et des cours.

Moins cher

Grâce au relèvement de l’âge des premiers examens médicaux, chaque détenteur d’un permis de conduire de plus de 70 ans économisera près de 300 francs. Les coûts baisseront également pour les autorités cantonales, qui auront moins de contrôles à effectuer.

L’an dernier, quelque 10 000 personnes âgées ont restitué volontairement leur permis de conduire lors d’un examen de contrôle, dont 6000 à l’occasion du premier examen, à l’âge de 70 ans, souligne le gouvernement.

La campagne d’information devrait être menée par le Fonds de sécurité routière (FSR). A défaut, l’Office fédéral des routes (Ofrou) pourra prendre lui-même des mesures ou mandater des tiers. Il s’engagera en outre pour que les membres de l’Association suisse des moniteurs de conduite proposent des formations sur l’utilisation des systèmes d’aide à la conduite.

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De l’alcool dans les stations-service? La décision qui fâche

Toujours au sujet de la route, le Conseil national a approuvé mardi une motion de sa commission des transports visant à autoriser la vente d’alcool dans les stations-service. Le texte passera devant le Conseil des Etats.

Il faut permettre aux restaurants et magasins de vendre de l’alcool, à emporter ou à consommer sur place, notamment pour éliminer les inégalités entre aires d’autoroute et stations-service, d’après la majorité des conseillers nationaux. Ceux-ci ont soutenu la motion par 115 voix contre 62 et 3 abstentions. Les restaurants et les magasins sur les aires d’autoroute se trouvent fortement pénalisés par la loi, car les commerces des stations-service et les restaurants situés aux sorties d’autoroute ont le droit de vendre de l’alcool. Le gouvernement partage cette position.

La responsabilité de respecter la limite

Tous les conducteurs connaissent la limite et ont la responsabilité, individuellement, de la respecter, a fait valoir Nadja Pieren (UDC/BE), soulignant qu’aucun pays limitrophe n’a décrété une telle interdiction.

Pour Fabio Regazzi (PDC/TI), les accidents et les morts sur nos routes ont diminué grâce au renforcement de la prévention routière, et non à la suite de l’interdiction de vendre de l’alcool sur les autoroutes, en vigueur depuis 1964.

Préoccupé par la sécurité routière, le camp rose-vert a rejeté la motion. Il considère en outre que la population est contre une levée de l’interdiction: Philipp Hadorn (PS/SO) a cité un sondage du Bureau de prévention des accidents selon lequel 82% des personnes interrogées adhèrent à l’interdiction de vendre de l’alcool sur l’autoroute.

Dans un communiqué, la Croix-Bleue suisse, que préside Philipp Hadorn, fustige ce vote: «L’abrogation de l’interdiction de l’alcool sur les aires d’autoroute met des vies en danger. Cette décision est plus que discutable.» (ATS)