Radicaux et UDC, qui s’étaient abstenus ou opposés en commission, ont fini par se rallier au projet, du moins temporairement. «Si la majorité accepte de réduire les coûts à charge de l’assurance chômage, nous soutiendrons une hausse modérée des cotisations», a annoncé Charles Favre (PLR/VD).

Les partis bourgeois se sont mis d’accord en coulisse pour tailler 703 millions dans les prestations, au lieu des 576 millions prévus par le Conseil des Etats, et réduire les recettes à 646 millions au lieu de 876 millions. Faute de pouvoir faire de la magie, il s’agira de se serrer la ceinture de tous les côtés, a justifié Peter Spuhler (UDC/TG).

La situation est grave; le trou dans les caisses de l’assurance atteint 5 milliards de francs et risque de se creuser l’an prochain avec un taux de chômage prévu de plus de 5%, a averti Doris Leuthard. Mais indépendamment de la conjoncture, le système souffre d’un problème structurel qui alourdit la dette annuellement d’un milliard, selon la conseillère fédérale.

Pour Christophe Darbellay (PDC/VS), il est donc temps de corriger les erreurs de la précédente révision de 2002, qui tablait sur une moyenne de 100’000 chômeurs.

Menaces vaines

Face à l’union de la droite, le camp rose-vert, qui prônait le refus d’entrer en matière ou le renvoi du projet, est resté les mains vides. Même la menace répétée du référendum n’a eu aucun effet.

La gauche n’a pas mâché ses mots contre ce projet, «une des lois les plus scélérates de l’histoire contemporaine», selon Jean-Claude Rennwald (PS/JU). «La révision n’aide en rien les chômeurs, au contraire, elle péjore gravement leurs conditions», a ajouté Josef Zisyadis (POP/VD).

Certaines villes de l’Arc jurassien connaissent déjà des taux de chômage de plus de 10%. Pourtant, la révision prévoit de supprimer la possibilité de prolonger la durée des indemnités de 400 à 520 jours dans les régions en crise, ont rappelé divers orateurs.

Jeunes sacrifiés

L’assainissement se fera sur le dos des chômeurs de longue durée et des jeunes, qui se verront limiter les prestations à 130 jours s’ils ont moins de 25 ans et à 260 jours jusqu’à 30 ans, a critiqué Adèle Thorens (Verts/VD).

Pourtant les jeunes et les chômeurs ne sont pas responsables d’une crise suscitée par la finance, d’après le patron de l’Union syndicale Paul Rechsteiner (PS/SG).

L’idée de renvoyer le projet au Conseil fédéral, pour qu’il présente un projet centré sur une hausse des cotisations à 2,4% et un taux de solidarité de 0,1% définitif, a échoué par 128 voix contre 60.

Dans les années 90, la ponction sur les salaires atteignait 3% en Suisse, auquel s’ajoutait une cotisation de solidarité supplémentaire pour les hauts revenus de 2%, a rappelé en vain Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) au nom de la commission.

La Chambre du peuple a entamé l’examen de détail.