La Chambre du peuple a entamé mercredi en fin de matinée le débat sur l’initiative issue des milieux UDC et UDF (Union démocratique fédérale). Reflet de la charge émotionnelle du sujet, plus de 40 orateurs se sont annoncés.

Partisans et opposants campent sur leurs positions. Pour la droite dure conservatrice, les minarets participent de ce qu’elle considère comme une islamisation rampante de la Suisse. Au nom de l’UDC, Jasmin Hutter n’a pas hésité à axer son intervention sur la problématique de la condition des femmes dans l’islam et de l’application de la charia hors des pays musulmans.

La St-Galloise s’est toutefois voulue rassurante: il s’agit de combattre un symbole de domination, et non une religion. La riposte ne s’est pas fait attendre: «La première initiative acceptée par le peuple, sur l’abattage rituel, était antisémite. A l’époque, les partisans ont affirmé ne pas être contre les juifs, mais pour les animaux. C’est la même chose aujourd’hui», lui a répondu Josef Lang (Verts/ZG).

Valable mais inapplicable

Les représentants du camp bourgeois ont aussi mis en garde contre le risque d’attiser la haine religieuse et d’alimenter le fondamentalisme par le fondamentalisme. Tous les groupes, y compris le Parti bourgeois démocratique (PBD), ont par ailleurs averti que cette initiative serait difficile à concrétiser, celle-ci violant la constitution fédérale et une série de droits fondamentaux.

Pour la gauche, la conséquence à tirer serait d’invalider le texte. Aux yeux d’Andreas Gross (PS/ZH), le Conseil fédéral a renoncé à le déclarer nul par «opportunisme politique». Et de critiquer le poids insuffisant, d’après lui, donné à la notion de violation du droit international impératif, condition nécessaire en l’état pour qu’une initiative soit considérée comme non valable. Les autres partis ont toutefois rejeté cet argument.

Les débats se poursuivront dans l’après-midi.