Le Conseil des Etats, qui doit encore se prononcer, ne devrait pas recommander autre chose au peuple. «Les citoyens se décideront sur cette initiative en fonction de la loi sur le CO2 que nous leur proposerons», a déclaré le conseiller fédéral Moritz Leuenberger.

Le ministre de l’environnement craint cependant que le Parlement aille au-delà des objectifs gouvernementaux. Alors que l’initiative exige de fixer dans la constitution une réduction de 30% au moins d’ici 2020 des émissions de gaz à effet de serre, le Conseil fédéral prévoit d’inscrire dans la loi une réduction limitée à 20%, voire davantage si les autres pays en font de même.

Jusqu’à 40%

Il est correct de dire que 40% sont nécessaires, a admis Moritz Leuenberger. La majorité de la commission de l’environnement du National propose d’ailleurs de donner la compétence au gouvernement pour qu’il augmente l’objectif à 40%, les réductions supplémentaires pouvant être obtenues à l’étranger à raison de trois quarts au plus.

Dans le projet du Conseil fédéral, la moitié au moins de la réduction de 20% ne doit être réalisée qu’en Suisse. «Notre objectif est certes mesuré, mais nous proposons les moyens pour y parvenir», a relevé le ministre. «Rien ne sert de fixer des objectifs ambitieux si on ne prévoit pas les mesures allant avec», a-t-il ajouté.

Moritz Leuenberger craint d’autres propositions de la commission allant au-delà des buts du contre-projet indirect. A commencer par celle de biffer la taxe sur les carburants que le gouvernement propose d’introduire si les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ne sont pas atteints.

Promesses rappelées

Alors que la plupart des orateurs ont répété les arguments avancés mercredi, Jean-François Steiert (PS/FR) a tenté de renverser la vapeur en rappelant ses collègues à leurs promesses électorales. «D’après les nombreux questionnaires remplis avant les élections de 2007, 109 d’entre vous, dont onze UDC, étaient favorables ou plutôt favorables à l’initiative’pour un climat sain’».

En vain. Le National est resté sur ses positions, largement défendues par les milieux économiques. Il faut être raisonnable et attendre que les mesures prises déploient tous leurs effets, a relevé Jean-François Rime en prenant comme exemple le centime climatique qui a déjà fait ses preuves mais dont l’initiative signerait la mort.

Emplois

Avec des émissions de 5,7 tonnes de CO2 par habitant, la Suisse est déjà parmi les meilleurs du monde, a ajouté M.Rime, citant la croissance record de la surface forestière. Il rejoignait ainsi l’idée de son collègue argovien de parti. Le peuple ne comprendra pas qu’avec un aussi faible impact sur la pollution planétaire (un pour mille), la Suisse veuille en faire plus que les autres, avait déclaré mercredi Hans Killer.

Ce jour-là, gauche et droite estimaient que l’initiative créerait, respectivement supprimerait des emplois. Seize mille nouveaux postes, selon Franziska Teuscher (Vert/BE). D’après Dominique de Buman (PDC/FR), favorable à l’initiative, 10 000 emplois seraient perdus dans un premier temps dans le secteur pétrolier et 25 000 créés ultérieurement dans d’autres secteurs.