Le PS, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), la Croix-Rouge et les églises saluent la décision du Tribunal fédéral (TF). Mais ils sont également conscients qu'elle n'aura pas forcément beaucoup de poids. «J'espère que le National tiendra compte de l'arrêt du TF. Il doit savoir qu'adopter la même disposition que le Conseil des Etats reviendrait à violer la Constitution!», souligne Yann Golay, porte-parole de l'OSAR, tout en étant conscient que le parlement peut édicter des lois anticonstitutionnelles. Il poursuit: «L'arrêt du TF confirme l'avis de droit de Jürg Paul Müller. Pour le professeur, changer la Constitution ne suffirait d'ailleurs pas forcément pour faire appliquer la mesure, car supprimer l'aide d'urgence contrevient aussi à des conventions internationales». Yann Golay ajoute enfin que les propos tenus par Christoph Blocher laissant penser qu'il fait peu de cas de la décision des juges fédéraux sont «particulièrement graves de la part d'un ministre de la Justice».

«Dans le contexte de brutalité dans lequel se sont déroulés les débats sur l'asile, l'arrêt du TF donne un signal important», analyse Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du PS. «Ce qui me préoccupe en revanche, c'est de constater que personne ne semble vraiment choqué d'entendre Christoph Blocher dire qu'il faut modifier la Constitution». Une très grande majorité des sénateurs de droite avait jeudi relativisé les réserves émises quant à la conformité de la mesure à la Constitution. Vendredi, l'UDC s'est fendue d'un communiqué dans lequel elle qualifie l'arrêt du TF d'«incompréhensible», parce qu'il «protège et récompense financièrement ceux qui abusent de l'asile». Le parti fait savoir qu'il déposera durant la session parlementaire d'été plusieurs interventions pour «empêcher les abus».