Sur les fonts baptismaux de l’association

Le nationalisme déguisé d’Ecopop en 1988

««Nous sommes persuadés qu’à long terme, la diminution de la population n’aura pas d’effets négatifs, mais qu’elle est au contraire une condition préalable indispensable au maintien durable de la qualité de la vie en Suisse.» Voilà le credo développé par la présidente de l’Association écologie et population (Ecopop), Mme Margrit Annen, de Lucerne. Jeudi à Berne, divers responsables du mouvement ont tenté d’accréditer cette thèse. […]

«Il est évident que les limites de la croissance démographique en Suisse sont atteintes», lance François Höpflinger, docteur en philosophie, des Grisons. […]

[Le] programme est […] développé dans la brochure de propagande d’Ecopop. En voici l’essentiel: «En vue de garantir à long terme la qualité de la vie en Suisse, des mesures peuvent être prises dans trois domaines: 1. diminution des effets nuisibles de notre civilisation: mesures techniques pour la protection de l’environnement; 2. changements de nos habitudes de consommation, en vue d’une façon de vivre moins préjudiciable à l’environnement; 3. décroissance de la population afin que diminue le nombre de personnes contribuant à la détérioration de l’environnement, ce qui réduirait les problèmes matériels, sociologiques et psychologiques.» Au passage, relevons que la secrétaire centrale du mouvement, Mme­ ­Anne-Marie Rey, est également présidente de l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement. […] »

««L’usage fait de l’espace vital et la surcharge de l’environnement naturel ont déjà certainement passé la limite tolérable, et leurs effets sur le bien-être individuel et social ont déjà atteint un seuil critique.» Non, cette phrase n’est pas tirée d’une brochure nationale-socialiste des années 30, mais de la «Conception pour une politique démographique suisse» prônée par le mouvement Ecopop (ex-Association suisse pour l’étude des problèmes démographiques).

Ce simple parallèle suffit toutefois à cerner les sentiments latents qui animent les membres de cette association. Evidemment, ceux-ci se défendent des rapprochements politiques. Et ils réfutent l’étiquette pro-Action nationale [aujourd’hui devenue parti des Démocrates suisses], même si leur but d’un «solde migratoire équilibré ou négatif» passe, entre autres, par une réduction draconienne des autorisations de séjour pour étrangers.

Car le mouvement préfère de beaucoup se donner l’image flatteuse de la préoccupation écologique et du bien-être à préserver. Selon la formule d’un député: «Ce sont des gens qui se prétendent écologistes, mais qui n’osent pas dire qu’ils sont nationalistes. C’est exactement l’écolo-nationalisme.» En l’occurrence, ce qui est très grave, c’est que l’association s’en prend directement à la famille et à l’avenir de la Suisse, en prônant la dénatalité.

Socialement, les théories d’Ecopop sont par conséquent non seulement douteuses mais aussi dangereuses, parce qu’elles propagent des idées fausses et simplistes sur des problèmes complexes. Ces idées se fondent d’ailleurs davantage sur des ressentiments ou des ferments de passion, que sur l’analyse des faits.

Et c’est l’une des raisons pour lesquelles l’association évite de proposer des solutions financières concrètes à propos de l’AVS. Il lui est bien plus facile de dénoncer en soufflant sur la braise que de construire avec objectivité. Fût-ce au prix de sa crédibilité. »

« Ces théories sont non seulement douteuses mais aussi dangereuses, parce qu’elles propagent des idées fausses et simplistes sur des problèmes complexes »

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