«Un moratoire immédiat sur toutes les procédures de naturalisation de musulmans en cours.» Voilà ce que demandait hier devant le Grand Conseil l'UDC valaisanne, par l'entremise de son unique député, Cyrille Fauchère. Le prétexte de cette interpellation urgente était évidemment l'affaire du Centre islamique de Sion, dont le directeur, épaulé par une tierce personne, avait déposé plainte contre trois prédicateurs soupçonnés d'incitation à la haine raciale. Dans la foulée, le chef du Département des institutions, Jean-René Fournier, y était également allé de sa plainte.

Selon la proposition de Cyrille Fauchère, la procédure de naturalisation ne pourrait reprendre qu'après «la mise en place de contrôles stricts d'intégration». Les candidats à la naturalisation devraient ainsi s'engager au «respect des fondements de notre ordre juridique», à une «neutralité confessionnelle» impliquant «le refus d'aménager des carrés musulmans dans nos cimetières», «la connaissance de la langue officielle» ainsi que «le respect de la dignité et de l'intégrité de la femme et de l'enfant, ce qui implique que l'on ne tolère ni l'excision ni le voile islamique à l'école».

Devoir de réserve

Dans sa réponse, Jean-René Fournier a d'abord rappelé qu'il «appartenait à la justice d'établir et de qualifier juridiquement les faits» et que, pour l'heure, les politiques devaient observer un devoir de réserve. Avant d'écorner ce beau principe en estimant que, «indépendamment de ce que dira la justice», les faits dénoncés «constituaient un péril pour les fondements démocratiques de notre canton». Des faits qui, selon Jean-René Fournier, prouveraient «le bien-fondé de la politique fédérale d'intégration, basée sur le caractère non négociable des principes intangibles de notre société».

Le chef du gouvernement a en revanche écarté l'idée d'un moratoire sur les naturalisations de musulmans: «D'un cas particulier, on ne peut pas toujours tirer une généralité. Si, par exemple, une imprimerie sort un mauvais bouquin, on ne va pas fermer toutes les imprimeries du canton.» On ne sait si Jean-René Fournier faisait allusion à l'ouvrage d'Oskar Freysinger, publié récemment par une imprimerie haut-valaisanne PDC.