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Nax Télé Mont-Noble, la petite station qui se porte bien

La station valaisanne fait partie des destinations qui s’en sortent bien, malgré de nombreux hivers compliqués lors des dernières années. Autopsie de cette réussite

Deux millions de chiffre d’affaires et 100 jours d’ouverture, dont la période entre Noël et le Nouvel An. Fred Pont, le président de Télé Mont-Noble SA, connaît les ingrédients d’un hiver réussi, mais il ne peut en rien les influencer. La station de Nax ne dispose pas de l’enneigement mécanique.

Sur les six derniers exercices, seuls deux d’entre eux (2012-2013 et 2017-2018) réunissent tous les composants d’un bel hiver. Cela n’empêche pourtant pas la station de s’en sortir. Pour Fred Pont, plusieurs éléments viennent expliquer la bonne santé de sa société. Il faut notamment être rigoureux au niveau des frais, avoir peu de crédits auprès des banques et réaliser des investissements mesurés.

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Des investissements réfléchis

«Nous investissons dans des installations que nous pouvons financer sur le long terme», explique Fred Pont. C’est la raison qui a poussé la société à miser, en 2012, sur deux télésièges à pinces fixes plutôt que sur des débrayables, l’entretien de ces derniers coûtant nettement plus cher. «A cette période, pour nous c’était investir ou mourir. Nous avons choisi la première solution, mais nous l’avons fait intelligemment», souligne le président de la société.

Les achats ont été réalisés grâce à une augmentation de capital de 4 millions de francs. La commune de Mont-Noble, qui venait de naître de la fusion de Nax, Vernamiège et Mase, investit 2,5 millions. Aujourd’hui, elle détient 52% des 5,7 millions de capital-actions. Si on y ajoute les parts des communes de Sion, Grône et Saint-Martin, la société est à près de trois quarts en mains publiques.

Pour Fred Pont, «les autorités ont compris que les remontées mécaniques sont le poumon de la région». Ce n’est pas pour autant une raison de s’appuyer sur elles pour boucler les budgets. «Il ne faut surtout pas se laisser aller, sinon on ferait des bêtises», sourit Fred Pont, qui reconnaît que les décisions prennent toujours plus de temps pour être prises à Télé Mont-Noble. «Nous connaissons nos limites et nous ne les dépassons pas, insiste-t-il, même si cela peut déplaire à certaines personnes qui voudraient voir le domaine se développer plus rapidement.»

L’importance des restaurants

Pour maintenir le navire à flot, la société peut compter sur ses deux restaurants. Lors des six derniers hivers, les deux établissements ont toujours dégagé un bénéfice, contrairement aux installations. «Sans les restaurants, ce ne serait pas viable, lance Fred Pont. Heureusement qu’ils sont là. Nous pouvons remercier nos prédécesseurs de les avoir conservés au sein de la société.»

Le raisonnement est trivial. Si les installations sont ouvertes, les gens consomment dans les restaurants. Et à ce niveau-là, le Magic Pass, l’abonnement commun à 25 stations romandes, déploie aussi ses effets. Il suffit de comparer les données des hivers 2012-2013 et 2017-2018, très similaires, pour s’en rendre compte. Le bénéfice dégagé par les restaurants est plus de 20% supérieur l’hiver dernier, à près de 218’000 francs. «En achetant leur Magic Pass en mai, les gens ont l’impression de ne pas payer la journée de ski en hiver. Ils dépensent ainsi plus pour se restaurer», analyse Fred Pont.

Le président de Télé Mont-Noble reconnaît que l’hiver 2017-2018 a offert un bol d’air frais à sa société, qui avait enchaîné quatre exercices compliqués et qui se retrouvait à court de ressources. «En cas de coup dur, on espère pouvoir compter sur les communes, avoue Fred Pont. Mais si on doit aller frapper à leur porte après un exercice comme celui que l’on a vécu l’hiver passé, il faut se demander si ça vaut la peine de continuer.»

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