Commentaire Il ne fallait pas laisser passer le train Ecopop

Le rôle des initiatives a changé. Elles ont longtemps servi d’aiguillons pour pousser le Conseil fédéral et le parlement à agir dans les domaines visés, sous la forme de contre-projets. Mais on assiste depuis une dizaine d’années à la multiplication d’initiatives jusqu’au-boutistes portées par des groupements et partis peu aptes aux concessions.

Or, de plus en plus d’initiatives sont acceptées en votation. C’est l’une des conséquences du climat de méfiance envers les autorités qu’ont instauré Christoph Blocher et son UDC. Il est donc légitime que le parlement réfléchisse aux moyens de limiter les dégâts causés par des initiatives qui se situent à des années-lumière du sens du compromis qui a fait le succès de ce pays.

Mais on voit mal ce qu’il peut faire dans le cadre de l’initiative sur les successions, à part l’invalider s’il juge l’unité de la matière écornée ou si, comme le professeur Pierre-Marie Glauser, il considère que l’effet rétroactif contrevient à des «principes constitutionnels essentiels».

On a néanmoins le sentiment que le Conseil des Etats tente de se racheter. En mars, l’initiative Ecopop, qui mêle migration en Suisse et contrôle des naissances dans le monde, lui offrait l’occasion de mener un débat approfondi sur l’unité de la matière. Peut-être n’aurait-il pas dû laisser passer ce train-là.