Le Temps: Votre charge de président de la Confédération vous oblige à réfléchir au regroupement de la formation et de la recherche au sein d'un même département. Où en êtes-vous?

Moritz Leuenberger: Je présenterai une proposition au Conseil fédéral avant la fin de l'année. Regrouper ces deux domaines est un mandat du parlement. Nous devons donc le faire.

- En profiterez-vous pour proposer d'autres rocades?

- Tout est question de rythme et d'opportunité politique. Il faut trouver une solution simple à mettre en œuvre. Aller plus loin maintenant en proposant la création d'un département complètement nouveau provoque un effet domino pour d'autres changements majeurs. Une idée comme la création d'un département pour la sécurité risquerait de multiplier les oppositions. C'est un sujet très sensible.

- Menez-vous vos réflexions seul?

- Oui, nous réfléchissons à ça chez nous, dans mon département. Quand on m'a confié ce mandat, j'ai reçu du courrier d'experts qui disaient y réfléchir depuis quarante ans et me proposaient leurs services. Je ne veux pas d'études professorales et je ne veux pas de grand chambardement. Il faut agir par étapes.

- Ne voulez-vous pas d'une grande réforme parce que votre département, qui est l'un des plus riches, devrait lâcher quelque chose?

- Il est vrai que mon département s'est enrichi, notamment avec l'aménagement du territoire et même les écoutes téléphoniques. Mais je n'ai aucun prestige à ce sujet et ce genre de réflexion ne m'anime pas le moins du monde.