Les socialistes veulent que Daniel Brélaz, l’actuel syndic Vert et également conseiller national, et Olivier Français, Municipal libéral-radical en charge des travaux, reversent à la ville l’intégralité de ce qu’ils touchent comme conseillers nationaux à Berne. Soit 25 000 francs d’indemnités annuelles et environ la même somme en indemnités journalières. La Municipalité, elle, propose que seul leur salaire journalier soit reversé. En toile de fond, c’est toute la question du double mandat qui se profile. Une proposition de l’interdire, émanant des rangs des Verts, sera étudiée prochainement par le Conseil communal.

Le Temps: Va-t-on vers une interdiction du double mandat pour les élus de la Ville?

– Daniel Brélaz: Je n’en ai pas l’impression. Quand j’entends ces débats, ça ne me fâche pas, ça me désole. Cela frisait la guérilla urbaine et la bataille de sioux. Je ne pense pas qu’il y aura une majorité pour interdire le double mandat. Si c’était le cas, la Municipalité retirerait l’entier de son projet de règlement. Par contre, la proposition selon laquelle nous devons rendre l’intégralité de nos indemnités de parlementaire sera adoptée, à mes yeux.

En entendant certains propos mardi soir à propos de votre travail de parlementaire, pointant le nombre de vos interventions et de vos absences, vous avez déclaré être «traîné dans la boue». Des mots un peu fort?

– Non. J’ai passé quatorze ans à Berne comme conseiller national de 1979 à 1989 et de 2007 à aujourd’hui, seize ans au Grand Conseil vaudois, quatre ans au Conseil communal lausannois. En plus de trente ans, je n’ai fait que onze interventions parlementaires écrites, postulats ou motions. Je considère que c’est un faible rendement. Mais les membres d’un exécutif ont l’habitude du travail de lobbyisme, du travail de coulisses, ce que Monsieur Français et moi faisons à Berne. Nous ne sommes pas juste des fatigués qui ne font rien. Nous travaillons simplement d’une autre manière.

Votre méthode de travail est-elle la bonne, sous la coupole fédérale?

– Je n’irais pas jusque-là, car c’est suffisamment stressant. Mais sur les quelques dossiers que je suis de près, l’efficacité est au rendez-vous. Il s’agit des transports et de l’énergie notamment, et aussi des questions touchant aux fonds d’agglomération.

– Les socialistes estiment que votre mandat bernois empiète sur votre travail de syndic lausannois.

– Ce n’est pas du tout la réalité. Au détriment peut-être de ma santé, je travaille 80 heures par semaine. Quand je vois le nombre de dossiers pourris dont j’ai hérité, comme celui de la caisse de pension de la ville de Lausanne (ndlr, dont le taux de couverture avoisinait les 40% en 2004), j’estime faire du bon travail.