Les 3 et 17 juin prochains, les 117 000 électeurs français de Suisse éliront pour la première fois un député pour les représenter à l’Assemblée nationale. Parmi les 21 candidats en lice dans la 6e circonscription (Suisse et Liechtenstein), Marie-Françoise de Tassigny, ancienne «Madame Petite enfance» de la Ville de Genève, se présente sous les couleurs du Parti radical. Elle peut compter sur le soutien de son président de parti, Jean-Louis Borloo, qui promet que le scrutin n’a rien d’exotique.

Le Temps: La voix des Français de Suisse comptera-t-elle vraiment à l’Assemblée nationale?

Jean-Louis Borloo: Bien sûr! La France est passionnée de politique intérieure mais elle a besoin de s’ouvrir sur le monde, désormais globalisé. Le regard des Français de l’étranger est un enrichissement évident; leur entrée à l’Assemblée nationale est même très tardive.

– Les Français de Suisse peuvent-ils vraiment apporter quelque chose au débat, largement franco-français?

– Cela dépendra de leur personnalité. S’il s’agit de gens en mal d’élection dans l’Hexagone, exilés pour pouvoir se présenter, alors ils n’apporteront pas grand-chose. Mais si ce sont de vrais personnages, expérimentés et structurés, ils apporteront beaucoup.

– Quel sera le rôle des élus? Représenter les Français de l’étranger ou venir gonfler les rangs des partis nationaux?

– Ils auront une double fonction. Ils seront législateurs de la Nation à part entière, mais ils auront chacun leur spécificité, leur regard et leur territoire à défendre.

– Les Français de Suisse ont plébiscité Nicolas Sarkozy à plus de 60%. Pourquoi deviendraient-ils centristes tout à coup?

– Beaucoup de centristes ont voté Sarkozy en 2007. Le centre droit est la voie majoritaire. Il considère que les causes publiques sont prioritaires, il est plus ouvert, plus tolérant, plus progressiste sur les questions de société. Il est modéré, et la modération, c’est la modernité. Nous voulons le faire revivre, dans une alliance avec la droite républicaine.

– Voter pour Marie-Françoise de Tassigny, ce n’est pas une manière déguisée de voter UMP?

– Pas du tout! Il y a d’ailleurs une candidate UMP. Marie-Françoise de Tassigny est très expérimentée, elle siège au conseil de l’Assemblée des Français de l’étranger, elle est préoccupée et compétente sur les questions sociales, la famille, l’enseignement ou encore la formation. Tout en étant une vraie femme de centre droit, qui ne s’allie pas avec l’extrême gauche.

– LA préoccupation des Français de Suisse est certainement la fiscalité. Proposez-vous aussi de les taxer sur la base de leur nationalité?

– Non. Nous proposons un Grenelle de la fiscalité et la suppression des niches fiscales, mais certainement pas de lier la fiscalité à la nationalité.