Quarante-cinq minutes pour relancer une discussion qui semblait mort-née. Mercredi à Davos, en marge du World Economic Forum (WEF), Joseph Deiss a rencontré Robert Portman pour parler des relations commerciales entre les deux pays. Tout juste lancé, le projet d'accord de libre-échange avait tourné court après un recul du Conseil fédéral la semaine dernière.

Dans le hall du Morosani Posthotel, le conseiller fédéral en charge de l'Economie et le délégué américain au Commerce ont réaffirmé vouloir négocier. «Nos économies ont noué d'excellentes relations, qu'il faut renforcer. Mais nous devons d'abord trouver un cadre de discussion», a expliqué Robert Portman. «Un accord de libre-échange, une coopération renforcée? Il est trop tôt pour le dire», a complété Joseph Deiss. Si la seconde possibilité est retenue, cela ouvrirait la porte à un dialogue laissant de côté certains domaines sensibles. Comme l'agriculture? Aucune précision n'a été apportée.

Mercredi toujours, Pascal Couchepin avait rappelé dans un entretien publié par la Neue Zürcher Zeitung qu'il n'était pas question de sacrifier l'agriculture au profit des autres secteurs de l'économie, comme l'industrie. «J'ai l'impression qu'economiesuisse considère un accord de libre-échange comme un signe d'amitié avec les Etats-Unis, mais il faut mettre dans la balance les avantages et les inconvénients d'un tel accord», a-t-il dit.

Sa signature n'est toutefois pas pour demain. Tant que le cadre de négociations n'est pas fixé, «il est trop tôt pour négocier», précise Joseph Deiss. Le chef du Département fédéral de l'économie doit encore revoir le représentant américain d'ici à la fin de la réunion annuelle du WEF, dimanche.

Cependant, même si les discussions n'aboutissent pas cette semaine, les deux responsables continueront à dialoguer. Ils ont aussi rappelé l'intérêt que leur gouvernement respectif porte à ce dossier. «Nous devons travailler plus ensemble», a conclu, en français, Robert Portman.