La Suisse a été au centre des discussions, mardi et mercredi, du Comité des Affaires fiscales de l'OCDE. «Les travaux doivent se poursuivre», a déclaré Nicolas Bray, porte-parole de l'organisation qui regroupe les 30 pays les plus industrialisés. Les discussions, qui portent sur le caractère «dommageable» des pratiques fiscales suisses, n'ont abouti à aucune conclusion.

Les travaux du comité se poursuivent, a également déclaré Daniel Eckmann, porte-parole du Département fédéral des finances. Le comité n'a pas pris de décision concernant un rapport préliminaire qui condamnerait la Suisse. Berne, qui s'est opposée à ce projet de texte, analyse désormais diverses solutions. La Suisse se réserve «toute option, dont le droit de veto», selon Daniel Eckmann. Des réunions informelles sont prévues. Pour la Suisse, il est «inacceptable et incompréhensible de figurer» dans ce rapport.

L'enjeu des tractations est l'imposition des sociétés dites «de services», «administratives» et «holdings», qui jouissent dans certains cantons suisses de taux d'imposition extrêmement faibles. L'OCDE reproche à la Suisse de ne pas pratiquer l'échange d'informations avec d'autres pays dans ce domaine. En juin 2000, l'organisation avait publié une liste de régimes «potentiellement dommageables» dans 47 pays. «Depuis, la Suisse n'a pas changé ses pratiques», a rappelé le porte-parole de l'OCDE, alors que les autres pays ont négocié des arrangements avec l'organisation et modifié leurs régimes fiscaux.