«Depuis un mois, la négociatrice en chef Livia Leu et son collègue négociateur Mario Gattiker tentent d'arracher des concessions à la Commission européenne. Les deux secrétaires d'État ont rendu leur rapport au Conseil fédéral la semaine dernière. La désillusion a été si grande à la suite (de leurs visites) et les perspectives de réussite des négociations sont si sombres que, selon plusieurs sources indépendantes, des scénarios de sortie sont en discussion au Comité européen du Conseil fédéral» écrit la SonntagsZeitung ce jour. «Les négociateurs ont dû signaler mercredi au Conseil fédéral que la Commission avait effacé toutes les idées suisses de la table».

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Le Conseil fédéral étudierait donc la possibilité de se retirer des négociations qu'il mène avec l'Union européenne sur l'accord institutionnel, selon le dominical. Il planche sur un accord provisoire, reprenant à son compte l'idée de l'ancien secrétaire d'État et actuel professeur de l'EPFZ, Michael Ambühl.

Selon ce scénario, les négociations seraient gelées pendant quelques années. La Suisse ne demanderait plus de nouveaux accords et l'UE devrait garantir en retour que les traités existants soient tenus à jour. Le PLR et l'UDC exigent dans le SonntagsBlick que le Conseil fédéral rejette l'accord-cadre, s'il ne trouve pas de majorité au Parlement et dans la population.

Progresuisse, un nouvel acteur en faveur de l'accord cadre

Cet ajournement présenté comme très probable des négociations sur l'accord cadre réclamé par l'UE intervient alors qu'un nouvel acteur entre en jeu dans le débat: Progresuisse. Regroupant des personnalités politiques, du monde de l'économie et de la science, ce nouveau mouvement s'engage en faveur de la poursuite des bilatérales, comme l'indique son compte Twitter.

Progresuisse entend stimuler «un débat substantiel et constructif» sur la portée de l'accord-cadre. Selon le mouvement, la voie bilatérale est le juste milieu devant être consolidé et développé. Ne pas avoir d'accord n'est pas une option envisageable, estime-t-il.

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Les enjeux étant importants pour l'avenir de la Suisse, il est nécessaire d'obtenir une majorité politique, poursuit Progresuisse. Il n'écarte pas les préoccupations concernant la souveraineté, qui doivent être prises au sérieux et maîtrisées.

Pour Progresuisse, les relations entre la Suisse et l'UE doivent pouvoir être développées davantage, notamment pour la science qui doit garder ses réseaux au niveau international et surtout européen.

Des anciens conseillers fédéraux, comme les PDC Doris Leuthard et Joseph Deiss, soutiennent notamment le mouvement. Une douzaine d'élus fédéraux figurent également sur la liste. Du côté de l'économie, on peut citer le président de l'Association de banques privées suisses (ABPS) Yves Mirabaud et l'ancien président d'economiesuisse Heinz Karrer. Des entreprises, des universités et des instituts en font en outre partie.