Les négociations entre Suisses et Européens sur l'aide à la cohésion ont permis d'enregistrer de «bons progrès», a indiqué vendredi un diplomate européen. S'il n'y a «plus de problèmes fondamentaux», les derniers arrangements se révèlent malgré tout «très délicats».

Chaque rencontre permet de se rapprocher de la conclusion des négociations, mais «on n'en est pas encore là», a expliqué le diplomate. Après la vive querelle entre Berne et Bruxelles sur la forme juridique de l'accord – la Suisse souhaitant une formule très souple et l'Europe une formule liante, en vue d'établir un précédent juridique – les Européens sont prêts à reprendre le «schéma» helvétique, tout en s'assurant qu'il soit suffisamment contraignant. Côté suisse, on confirme qu'une solution est en vue, qu'il faudra encore que chacun présente à ses superviseurs respectifs: les négociateurs européens aux Etats membres et les négociateurs suisses à Berne. Cette évolution – encore technique – confirme l'arrangement de principe trouvé au niveau politique entre Benita Ferrero-Waldner et Micheline Calmy-Rey, lors de la visite de cette dernière à Bruxelles en février.

Blocage sur le nombre de pays bénéficiaires

Bruxelles demande cependant des engagements plus fermes de la part de la Suisse sur des points comme le parallélisme entre les pays bénéficiaires de l'aide ou sur la coordination communautaire du processus. La Grèce, le Portugal et l'Espagne souhaitent profiter aussi, comme les règles européennes leur en donnent le droit, de l'aide promise par la Suisse, alors que Berne veut limiter aux seuls pays de l'élargissement le bénéfice de son milliard. Là-dessus, les discussions n'avancent pas, tandis que Berne discute déjà avec plusieurs pays de l'Est de sa future contribution.

L'Union européenne souhaite également des clarifications sur la date des versements. «Les Suisses sont d'accord de préciser davantage», a déclaré le diplomate. Le porte-parole de la mission suisse a indiqué de son côté que Berne était prêt à commencer à verser l'argent dans le courant de 2006. Auparavant, il était plutôt question du début de l'année prochaine. Les délégations ont prévu de se revoir à la mi-avril. Le diplomate européen n'a pas voulu se prononcer sur la durée que prendra encore la négociation.