Quelque 1500 personnes selon la police ont participé samedi soir à une «promenade antifasciste» en ville de Berne. La manifestation non autorisée, organisée par l'Alliance tous contre la droite, s'est déroulée sans incident. Des slogans ont été sprayés sur des façades de la ville, mais il n'y a pas eu de confrontation avec des extrémistes de droite. Selon le commandant de la police, ces derniers étaient venus peu nombreux et surtout postés en observateurs.

Il est difficile de dire si leur discrétion a un lien avec la mort violente de Marcel von Allmen, ce sympathisant néonazi âgé de 19 ans dont le cadavre roué de coups mortels et lesté de poids a été découvert dans le lac de Thoune le 23 février. La police fédérale suit en tout cas «avec intérêt» les répercussions de ce crime sur la scène néonazie suisse, dont les effectifs ont augmenté ces deux dernières années. Cinq jours après la découverte du cadavre de Marcel von Allmen, quatre jeunes d'Interlaken âgés de 17 à 22 ans, dont un déjà condamné avec sursis l'an dernier pour avoir tiré quatre balles sur un policier, ont avoué avoir tué leur camarade. De multiples indices les situent dans la mouvance néonazie.

Rituel meurtrier?

Le SonntagsBlick a apporté dimanche de nouveaux éléments à ce sujet. Selon le journal, les quatre agresseurs de Marcel von Allmen avaient constitué le noyau d'un «ordre de la race blanche» qui envisageait de passer à l'action politique et, pour cette raison, s'étaient imposé un silence absolu. Le nouveau venu dans le groupe, trop bavard, aurait mentionné son existence à plusieurs reprises dans son entourage. Dès lors, les autres semblent avoir tenu une séance secrète au cours de laquelle ils auraient pris la décision de le liquider. Le soir du 27 janvier, Marcel von Allmen est mort des quelque trente coups – probablement assénés avec un outil – puis son corps lesté a été jeté dans le lac.

Sur les lieux du drame, la ruine de Weissenau, des journalistes du Blick ont retrouvé des restes de bougies de ménage ainsi qu'une bible déchirée en deux et se demandent s'il s'est agi d'une exécution rituelle. La police et la justice bernoise enquêtent activement sur cette affaire depuis plus d'un mois, mais ont jusqu'ici délivré l'information au compte-gouttes, considérant la piste néonazie comme une hypothèse parmi d'autres.