Paul Bulcke, le patron de Nestlé, a été entendu cet après-midi par la justice vaudoise dans une affaire de harcèlement moral et psychologique. Il réfute les accusations de mobbing lancées par une ex-cadre de l'entreprise, responsable de la sécurité alimentaire.

Le différend avec cette femme, Yasmine Motarjemi, a été examiné «sérieusement», a expliqué le patron de Nestlé. La multinationale a mandaté une entreprise spécialisée qui a conclu qu'il n'y avait pas de dysfonctionnement. «Nous avons cherché des alternatives. Cela n'a pas marché. A un moment, il faut dire qu'on se sépare», a-t-il déclaré.

Yasmine Motarjemi accuse la multinationale de harcèlement moral et psychologique. Au-delà du mobbing, elle reproche à Nestlé son «laxisme» et son «double langage» en matière de sécurité alimentaire. Elle réclame un franc symbolique, plus le paiement de 2,1 millions de francs pour ses frais et la perte de gain. Elle a été longuement entendue par la Cour le 1er décembre dernier.

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Le différend avec Yasmine Motarjemi a été examiné «sérieusement», a affirmé Paul Bulcke. La multinationale veveysanne a mandaté une entreprise spécialisée, qui a conclu qu'il n'y avait pas de dysfonctionnement. «Nous avons cherché des alternatives. Cela n'a pas marché. A un moment, il a fallu se séparer», a-t-il dit.

«Mme Motarjemi ne cherchait pas de solution», a estimé Jean-Marc Duvoisin, ex-chef des ressources humaines et actuel patron de Nespresso. Elle a refusé un transfert à responsabilités égales au centre de recherche de Nestlé et, après une séance, a refusé de participer à l'audit qui a conclu à l'absence de harcèlement.

A ses yeux, la plaignante manquait de flexibilité, était intransigeante et avait l'assurance d'avoir toujours raison. Son supérieur direct n'a pas cherché à l'éjecter de l'entreprise, et encore moins à la pousser au suicide. «C'est absurde et inacceptable de dire cela», a relevé l'ancien chef des ressources humaines.

«Il y a toujours eu un dialogue ouvert. Elle a été écoutée. C'est la personne que j'ai le plus souvent vu au cours de cette période», a expliqué M. Duvoisin.

«S'il n'y a pas eu de harcèlement, pourquoi la recevoir aussi souvent», a lancé Me Bernard Katz, avocat de la plaignante. Yasmine Motarjemi, qui a été longuement entendue par la Cour le 1er décembre, ne pouvait intervenir mercredi. «C'était des propositions de placards. On me donnait la responsabilité d'écrire des procès-verbaux», a-t-elle répliqué lors d'une suspension d'audience.

Devant la Cour, Paul Bulcke, qui a été entendu pendant 45 minutes, a insisté sur le fait que Nestlé ne tient pas un double langage en matière de sécurité alimentaire, comme l'affirme son ex-employée. «La qualité de nos produits est quelque chose de pas négociable. De 5000 à 6000 personnes sont chargées des contrôles et 340'000 personnes y travaillent dans le monde. Il faut le dire, c'est aussi pour cela que je suis ici.»

Engagée en 2000, débauchée par Nestlé auprès de l'OMS, Yasmine Motarjemi reproche à son supérieur hiérarchique, arrivé en 2006, de n'avoir eu de cesse de la discréditer et de la marginaliser sur son lieu de travail. Licenciée en 2010, elle se dit «détruite mentalement et moralement» et n'a pas retrouvé de travail.

Au-delà du mobbing, elle reproche à Nestlé son «laxisme» et son «double langage» en matière de sécurité alimentaire. Elle réclame un franc symbolique, plus le paiement de 2,1 millions de francs pour ses frais et la perte de gain.

Le procès se poursuivra en 2016, la prochaine audience est agendée le 2 février. Des plaidoiries finales sont prévues en fin de procédure, à moins que les parties n'aient transigé dans l'intervalle.