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Neuchâtel et Berne remplissent les trous du TGV

La rame bicourant de réserve du RER bâlois colmate dès dimanche le vide laissé par Lyria, qui a supprimé l’une des deux paires de TGV quotidien vers Paris

Faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le ministre neuchâtelois des Transports, Claude Nicati, a dû s’y résoudre. Ses jérémiades d’avant l’été, ajoutées à celles des autorités bernoises, dénonçant la décision de la société Lyria de supprimer l’une des deux paires de TGV quotidien reliant Berne à Paris, via Neuchâtel, n’ont servi à rien. Faute de rentabilité suffisante, un TGV est supprimé dès ce dimanche. Il en subsiste un, aller-retour, garanti pour cinq ans, au départ de Berne à 8h33 et de Neuchâtel à 9h06, avec arrivée à Paris à 13h03.

«Après la fâcherie, nous avons cherché une alternative», explique Claude Nicati, très fier de l’avoir trouvée en moins de six mois. En plus de l’aller-retour du TGV, une rame RegioExpress bi-fréquence, capable de rouler en Suisse et en France, emmènera deux fois par jour les voyageurs de Neuchâtel et de Berne jusqu’à Frasne, où ils embarqueront dans d’autres TGV provenant du sud. «Nous avons cherché des solutions plutôt que les problèmes, reprend Claude Nicati. Même si ce n’est pas du dix-huit carats.» L’offre permet d’arriver à Paris plus tôt que jusqu’ici. En embarquant dans le RegioExpress à Neuchâtel à 7h07, on est à Paris à 11h03. L’alternative concoctée permet par ailleurs de quitter Paris à 17h58 et d’arriver à Neuchâtel à 22h01 et à Berne à 22h52.

«Le front commun Neuchâtel-Berne a été profitable», salue Christian Aebi de l’Office des transports du canton de Berne.

La formule de substitution serait-elle meilleure que la double desserte TGV quotidienne qui avait cours jusqu’ici? Certainement pas, car elle impose d’emprunter une vieille rame entre Berne et Frasne, qui servait de réserve au RER transfrontalier bâlois. Elle n’a rien de moderne et exige de changer de train à Frasne. Et même à Neuchâtel, une fois par jour, pour ceux qui veulent rallier Berne. Elle impose ce que les défenseurs du TGV Berne-Neuchâtel-Paris estiment rédhibitoire à ceux qui proposent d’aller prendre le TGV à Bâle ou à Lausanne: le changement de train en cours de parcours.

Une question de rayonnement

Mais l’essentiel semble sauf pour Claude Nicati, qui dit avoir entendu les chefs d’entreprise, plaidant pour le rayonnement de Neuchâtel et de Berne. Continuer d’être sur une ligne TGV vers Paris est important pour l’image.

La «prouesse» d’avoir mis en place une alternative en si peu de temps, selon la formule du chef de l’Office neuchâtelois des transports, Pascal Vuilleumier, a un coût. Que Claude Nicati refuse de préciser, en raison de la concurrence. Il est pris en charge, selon une clé de répartition pas encore adoptée, «mais à bout touchant», dit le ministre, par les CFF, Lyria, la Franche-Comté et les cantons de Berne et Neuchâtel. Tout au plus Claude Nicati précise-t-il qu’il en coûte moins cher au canton de Neuchâtel que le projet de ligne 10, sur le Littoral, repoussé pour des raisons budgétaires, qui nécessite une dépense cantonale annuelle de 630 000 francs.

La formule apparaît comme un emplâtre sur une jambe de bois. Neuchâtel, comme Berne, sait que l’avenir, dans la liaison TGV vers Paris, c’est la ligne Rhin-Rhône qui sera ouverte en 2011. Alors, la réflexion est ouverte pour déterminer à quelle gare se raccorder. Besançon, Montbéliard ou par Vallorbe?

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