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Le 26 novembre, les électeurs du canton de Neuchâtel voteront sur la convention collective de travail Santé 21.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT / Keystone

Neuchâtel

A Neuchâtel, la campagne sur la santé prend une tournure explosive

A cinq jours de la votation sur la CCT Santé 21, le PLR neuchâtelois dépose une plainte pénale. En cause: des affiches sauvages jugées diffamatoires, qui épinglent un conflit d’intérêts entre le groupe Genolier et des élus impliqués dans la campagne

C’est l’énième «coup bas» de la campagne sur la CCT Santé 21, dénonce la section PLR du canton de Neuchâtel (PLRN). Des affiches sauvages placardées la semaine dernière ont fait réagir le parti bourgeois, qui a déposé plainte auprès du Ministère public. Ces dernières détournent en effet les portraits de plusieurs personnalités du parti. «La campagne prend une tournure diffamatoire et déloyale», dénonce le PLR.

Pour rappel, le canton vote le 26 novembre sur la convention collective de travail (CCT) Santé 21. L’accord concerne 5700 travailleurs du secteur de santé public et parapublic. La droite le juge trop coûteux et souhaite l’abolir afin que de nouvelles conventions soient renégociées. Parmi ses défenseurs: les syndicats, la gauche, ainsi que le gouvernement, qui craignent une remise en cause des acquis sociaux.

Lire aussi: La convention collective qui déchire Neuchâtel

Un débat qui dérape

La campagne n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices. Déjà fin octobre, Laurent Kurth, conseiller d’Etat en charge de la Santé, se dit choqué par l’argumentaire de la droite visant à «opposer les employés». Ni une ni deux, le PLR et l’UDC ont dénoncé une brochure d’information «clairement orientée». Ils accusent le gouvernement de «manipuler les votants en verrouillant l’information». In fine, aucune action légale n’a été entreprise, notamment en raison d’une Constitution neuchâteloise «trop floue en la matière».

Le débat a pris ensuite la forme d’attaques personnelles sur les réseaux sociaux. La polémique a fini par déborder sur l’espace public il y a quelques jours, lorsque des affiches sauvages sont placardées à Neuchâtel. «PLR au service des lobbies», peut-on y lire. Un slogan accompagné d’images détournées d’élus du parti. Olivier Lebeau, chef du groupe libéral-radical au Grand Conseil, ainsi que Philippe Bauer, conseiller national, se retrouvent ainsi affublés d’une tenue de médecin.

Conflits d’intérêts

Au bas des affiches anonymes, l’inscription «Garanti 100% Swiss Medical Network». Comprenez: les figures du PLR impliquées dans la campagne servent les intérêts de Genolier Swiss Medical Network (GSMN), un groupe suisse de cliniques privées. La société possède l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel et la Clinique Montbrillant à La Chaux-de-Fonds. A son arrivée en 2013, elle avait licencié 22 grévistes qui réclamaient le maintien de la CCT Santé 21. Le Conseil d’Etat fait pression régulièrement sur le groupe privé pour qu’il accepte de l’appliquer.

Lire aussi: Genolier a investi la Providence

Parmi les politiciens mis en cause par ces affiches, on retrouve le conseiller national Philippe Bauer, également administrateur du groupe privé. Mais ce dernier se défend d’avoir dissimulé ses liens avec GSMN. Quant à son collègue Olivier Lebeau, il explique avoir quitté toute fonction dirigeante au sein du groupe en 2015. Désormais à la tête d’une société «partenaire de l’Hôpital de la Providence», il assure ne percevoir «aucun salaire du groupe». Face aux attaques personnelles, l’élu déplore «une campagne qui glisse vers le populisme de caniveau».

Le ton agressif que prend la campagne surprend également Baptiste Hurni, président du groupe socialiste au Grand Conseil. Il estime cependant que «les affiches dégradantes de la droite envers le personnel ont donné le ton». Le socialiste se pose également la question de savoir si «l’initiative du PLR a été lancée sous couvert du groupe Genolier».

Un climat fragile

«Dès qu’on aborde un enjeu hospitalier, le débat devient tout de suite exécrable», souligne Nicolas Ruedin, président du PLR neuchâtelois. Les discussions autour de la CCT Santé 21 interviennent en effet dans un climat tendu autour des questions de santé. Le gouvernement, qui soutient la convention actuelle, craint que sa suppression nuise aux nombreuses réformes en cours. Parmi elles, le chantier hospitalier. Le Conseil d’Etat doit encore présenter son plan d’application de l’initiative pour deux hôpitaux, acceptée le 12 février à la surprise générale.

Lire également: Surprise à Neuchâtel: l’initiative pour les deux hôpitaux l’emporte

Selon Florence Nater, la présidente du PS cantonal, si la question de la CCT Santé 21 est aussi sensible, c’est également en raison «d’un climat général plus fragile». La socialiste évoque notamment le budget déficitaire du canton, qui se monte à 66 millions pour 2018.

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