Polémique 

A Neuchâtel, le cloître de la collégiale redeviendra jardin

L’installation d’un dallage géométrique dans un lieu de détente cher aux Neuchâtelois avait suscité une vive polémique en 2017. Deux ans plus tard, la ville le replante de verdure

Rarement un réaménagement aura provoqué un tel tollé à Neuchâtel. Paré de dalles en béton rectangulaires au printemps 2017, le préau du cloître de la collégiale de Neuchâtel avait suscité une véritable levée de boucliers populaire, obligeant les autorités à revoir leur copie. Le Conseil communal a annoncé cette semaine qu’il allait finalement remplacer les carreaux de la discorde par du gazon.

Lire aussi (2017): Une rénovation déclenche une révolution

Seule une minorité des dalles seront maintenues sur place, pour un chemin de traverse. La plupart seront réutilisées pour le réaménagement du cimetière de Beauregard. But de ce revirement: redonner à cet espace une dimension plus méditative. Le coût des travaux se montera à 93 000 francs.

Changement à la tête de l’Urbanisme communal

Avant toute cette affaire, le préau de la collégiale ressemblait à un jardin de style classique, où il faisait bon se promener. Mais les autorités politiques tenaient à y organiser des événements. D’où l’installation d’un sol en dur. Le conseiller général PLR Jules Aubert était alors monté au créneau, exigeant que l’exécutif justifie la mise en place de cette «surface dallée stérile». Malgré l’organisation en mai 2017 de deux séances consultatives, les choses avaient peu bougé ensuite.

D’après Jules Aubert, il a fallu attendre janvier 2018 et l’arrivée à la tête de l’Urbanisme communal de la Verte Christine Gaillard, en remplacement du socialiste démissionnaire Olivier Arni, pour faire avancer le dossier. «Alors que le projet semblait suspendu, elle a pris le taureau par les cornes», juge-t-il. Dans le camp de la colère, c’est désormais le soulagement: «La végétation reflète mieux la vocation avant tout spirituelle de ce lieu de culte.»

Il s’agit d’une situation exceptionnelle, nous n’allons pas redessiner chaque projet qui suscite des commentaires

Christine Gaillard, conseillère communale écologiste

Dès le départ, la conseillère communale écologiste a su qu’elle héritait d’un dossier «délicat, rempli de tensions». Elle a alors décidé de réunir des usagers, des spécialistes du patrimoine et toutes les personnes qui s’étaient manifestées. «Certaines étaient heurtées par la finalité un peu trop utilitaire qui avait été attribuée au cloître. Je leur ai donc proposé de réfléchir non pas aux détails d’aménagement, mais à la vocation des lieux.»

Un chantier qui doit courir jusqu’en 2022

Si elle reconnaît une mauvaise communication à l’époque, elle ne perçoit pas d’erreur de la part de son prédécesseur. «Il avait tout fait juste, organisé des rencontres, consultés des spécialistes reconnus.» C’est lui d’ailleurs, face aux protestations, qui avait soumis une première proposition d’amendement, déjà plus verte, mais pas encore suffisamment convaincante.

Christine Gaillard assure que c’est uniquement en raison du fort attachement des Neuchâtelois à cet édifice historique que la ville a accepté de dépenser 93 000 francs supplémentaires pour défaire ce qui a été fait il y a deux ans. «Il s’agit d’une situation exceptionnelle, nous n’allons pas redessiner chaque projet qui suscite des commentaires», assure la conseillère communale. Les participants aux séances de consultation n’en seront pas moins invités à s’exprimer lors des prochaines étapes de rénovation de la collégiale, un chantier gigantesque entamé en 2008 et dont le terme est fixé en 2022. Le réaménagement du préau du cloître devrait quant à lui débuter cet automne.

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