Neuchâtel doit composer avec des recettes en baisse

Finances Le budget cantonal 2016 présente un petit déficit de 11,7 millions

En apparence, le budget 2016 du canton de Neuchâtel est la copie conforme de celui de 2015, avec un petit déficit de 11,7 millions (0,6% des revenus déterminants). Il n’est ni bon, ni alarmant. Il respecte les exigences du frein à l’endettement, les charges sont maîtrisées (+0,1% pour les biens et services; –1,7% de masse salariale grâce aux écarts statistiques dus aux délais de carence lors d’engagements).

Pourtant, le ministre des Finances, Laurent Kurth, qualifie le contexte «d’extrêmement difficile», car Neuchâtel doit composer avec un repli des ressources. Certes, l’impôt des personnes physiques devrait croître quelque peu, mais celui des entreprises est en nette contraction, de 15 millions (–7%).

Parce que son indice des ressources a augmenté, Neuchâtel perd 25 millions de péréquation fédérale. Le manque à gagner global de 40 millions est compensé par un programme d’économies de 16 millions (dont 8 millions de reports de charges sur les communes, ce qui focalisera le débat parlementaire en décembre).

Depuis 2014 et l’arrivée d’un Conseil d’Etat à majorité socialiste, Neuchâtel comprime ses dépenses: 45 millions en 2014 et 2015, auxquels il faut ajouter les 16 millions de 2016. On est loin du compte, puisque la majorité bourgeoise du Grand Conseil a exigé une baisse de 8% des dépenses, soit 164 millions. Le gouvernement présentera un programme complémentaire d’économies fin novembre, avec des effets jusqu’en 2020.

Pour ne pas réduire à néant les «dynamiques positives» qu’il estime avoir enclenchées, le Conseil d’Etat refuse de mettre en place des mesures drastiques. Il préfère être «rigoureux à moyen terme», comme le dit Laurent Kurth, et prendre quelques risques, comme le maintien au budget 2016 de la part du bénéfice de la BNS (14,5 millions).

«Mouvements tectoniques»

Le budget 2016 du canton de Neuchâtel impose une lecture fine que les chiffres globaux ne montrent pas forcément. Les ministres procèdent, à l’intérieur de leurs départements, à d’importantes réallocations de ressources. Le ministre de l’Economie et des affaires sociales, Jean-Nat Karakash, parle carrément de «mouvements tectoniques». Lui s’applique à réduire la facture sociale en injectant de nouveaux moyens au développement économique et à la réinsertion professionnelle.

En 2016, Neuchâtel dépensera davantage pour le maintien des seniors à domicile et diminuera la subvention à son hôpital. Il affectera davantage d’argent pour renforcer la desserte ferroviaire plutôt qu’à la protection de l’environnement.

Le Grand Conseil doit valider le concept en décembre.