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L'un des sites de l'Hôpital neuchâtelois: Pourtalès, à Neuchâtel.
© Keystone

Polémique

A Neuchâtel, le débat sur l'avenir de l'hôpital dérape

Détournement sur les réseaux sociaux, pétition pour le renvoi de la présidente, communiqués virulents... L'ambiance est délétère entre Haut et Bas du canton à quelques jours de la publication du rapport sur la mise en œuvre de l'initiative «Pour 2 hôpitaux»

Le climat était délétère depuis plusieurs semaines autour du projet de réforme de l'hôpital neuchâtelois (HNE). Les tensions entre les autorités des communes des Montagnes et la direction de l'institution n'ont cessé de s'exacerber autour de la question de la mise en œuvre de l'initiative populaire «Pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires» acceptée en février 2017. Ces derniers jours, le débat a fini par totalement déraper.

Blague xénophobe

Ce mois de mars, accusant l'HNE de mettre les pieds au mur et de ne pas vouloir respecter la décision populaire de maintenir des soins aigus à La Chaux-de-Fonds, l'exécutif de la Métropole horlogère a signé plusieurs communiqués de presse virulents. Ce mardi, il s'en est pris respectivement au chargé de communication de l'hôpital, accusé de «dénigrer les citoyens et les autorités ayant soutenu l'initiative» sur les réseaux sociaux, puis au chargé de sécurité d'exploitation. Ce dernier a détourné l'identité d'un chef de service de la Ville de La Chaux-de-Fonds pour s'en moquer. Une blague flirtant allègrement avec l'insulte et la xénophobie. Ambiance. 

Lire aussi: Les hôpitaux régionaux romands vont mal 

L'exécutif chaux-de-fonnier refuse de commenter davantage cette affaire. Le 9 mars, les autorités du Haut signaient déjà un communiqué attaquant un cadre de l'HNE. Elles reprochaient au directeur financier Julien Heider de «dramatiser la solution choisie par le peuple», sous prétexte qu'il avait justifié sa démission par la difficile application de l'initiative. Le 16 mars, enfin, un autre communiqué de presse dénonçait «l'iniquité des mesures d'économie» décidées par la direction générale en vue d'assainir les finances de l'institution. Le Haut du canton se déclare alors scandalisé par des réformes qui, selon lui, les touchent davantage que le Littoral. 

Lire aussi: L’Hôpital neuchâtelois en mode austérité

En parallèle, des internautes lancent une pétition en ligne intitulée tout simplement: «Pour que le Conseil d'Etat renvoie Pauline de Vos Bolay» (ndlr: la présidente de la direction générale de l'HNE). Signée aujourd'hui par près de 1200 personnes, cette démarche est relayée sur le compte Facebook Initiative 2 hôpitaux. C'est la goutte de trop, la pétition pousse le corps médical à sortir de sa réserve.

Ce mardi après-midi, les membres du comité médical et du comité des soins, regroupant l'ensemble des médecins-chefs et infirmiers-chefs de l'HNE, publient une lettre ouverte à l'adresse du président du Conseil d'Etat Laurent Favre. Ils demandent à l'élu de ramener la sérénité dans le débat en appelant «les acteurs au calme et à leurs responsabilités». Les signataires dénoncent aussi «les attaques incessantes et inappropriées» dont fait l'objet l'hôpital, ainsi que des «communiqués de presse mensongers».

Plaies à vif

Le Conseil d'Etat aura fort à faire pour ramener le calme dans ce débat, qui empoisonne la vie politique neuchâteloise depuis plus d'une année. Les plaies sont à vif. Les attaques récentes illustrent surtout la très grande fébrilité des différents protagonistes. Dans quelques jours, le gouvernement neuchâtelois présentera son rapport définitif sur la mise en œuvre de l’initiative populaire. Le projet promet déjà d'enflammer le Grand Conseil, ainsi que l'ensemble du canton, et risque de faire apparaître les passes d'armes de ces derniers jours comme une simple mise en bouche.

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