Ce dimanche, jour d'élection cantonale en terre neuchâteloise, pourrait marquer la fin du duopole – socialistes et libéraux-radicaux – qui monopolise les cinq sièges du Conseil d'Etat depuis 2014. Les cartes sont en effet rebattues avec la décision des deux socialistes sortants, Monika Maire-Hefti et Jean-Nathanaël Karakash, de ne pas se représenter. Le PS aura ainsi fort à faire pour garder sa majorité absolue de trois sièges, en particulier face aux appétits des Verts. Boostés par leurs récents succès électoraux, ceux-ci aspirent à faire leur retour au gouvernement dont ils sont absents depuis la non-réélection de Fernand Cuche en 2009. 

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Un autre enjeu de cette élection sera la question de la représentation féminine. Si neuf candidates sont en lice pour le Conseil d'Etat, une seule semble avoir une chance de décrocher un siège: la socialiste Florence Nater. Le risque existe donc que Neuchâtel, l'un des pionniers du droit de vote des femmes, se retrouve avec un gouvernement exclusivement masculin, ce qui serait une première depuis 1997. Le canton rejoindrait alors le Valais, qui ne comptera plus aucune conseillère d'Etat lors de la prochaine législature.

Circonscription unique

Les résultats définitifs pour le gouvernement sont attendus dans le milieu de l'après-midi. Pour l'élection au Grand Conseil, il demeure de nombreuses inconnues concernant la rapidité du processus de dépouillement. Le principe de la circonscription unique a été introduit et pour la première fois, l'électorat a pu voter pour des candidats de tout le canton, non plus seulement de son district. La réforme des institutions a amené d'autres changements qui participent à brouiller les pronostics: diminution du nombre de députés de 115 à 100, abaissement du quorum électoral de 10 à 3% et fin de l'apparentement.

L'incertitude quant aux résultats est encore accrue par une participation en baisse par rapport à 2017 et les effets du Covid-19. La pandémie va limiter les habituelles réunions électorales, avec des bistrots toujours fermés, des stamm de partis annulés ou drastiquement réduits. Lieu de tous les rassemblements politiques, le Château de Neuchâtel sera également fermé au public.