Ce sera une première suisse: dès la rentrée d'août 2007, une vingtaine d'étudiants neuchâtelois du Lycée Jean-Piaget tenteront d'obtenir une maturité professionnelle commerciale avec un enseignement dispensé intégralement en allemand. Organisé dans les murs de la «Wirtschaftsmittelschule» (WMB) dans le quartier du Wankdorf, à Berne, ce cursus sur trois ans sera d'abord limité à une seule classe. Si le succès est au rendez-vous, l'expérience sera étendue.

Cette nouvelle offre de formation permet de répondre à une réelle demande. Une enquête réalisée en 2005 auprès de 432 élèves neuchâtelois de 9e année (maturité et moderne) a montré que 10% d'entre eux étaient prêts à s'engager dans cette voie. «L'immersion permettra aux étudiants de devenir rapidement bilingues. Ce sera pour eux un plus incontestable sur le marché de l'emploi», souligne Jacques-André Maire, chef du Service cantonal de la formation professionnelle et des lycées.

Le cursus sera ouvert à tous les élèves de maturité ainsi qu'aux élèves de moderne présentant une moyenne générale de 4,5 sur 6 à la fin de l'année scolaire. Tous devront suivre un cours préparatoire de deux semaines durant l'été. Durant la 1re année, les étudiants francophones auront un nombre élevé de cours d'allemand afin de se mettre à niveau. Des branches comme le dessin et la musique seront facultatives.

Une longue tradition

Directeur du Lycée Jean-Piaget, Philippe Gnaegi se réjouit tout particulièrement de la création d'une filière qui s'inscrit dans une tradition centenaire. Depuis le XIXe siècle en effet, l'Ecole de commerce de Neuchâtel accueille des étudiants alémaniques qui viennent passer une maturité ou un diplôme dans la langue de Molière. «A l'origine, nous avions des élèves de toute la Suisse, note le directeur. Aujourd'hui, 90% proviennent du canton de Berne.»

L'accord conclu avec la WMB a été élaboré dans le cadre de la coopération BEJUNE qui lie les cantons de Berne, du Jura et de Neuchâtel en matière de formation professionnelle. L'Etat de Neuchâtel versera un montant de 8580 francs par étudiant et par année, ce qui correspond grosso modo au coût annuel d'un élève qui étudie dans le canton. Les parents devront prendre en charge les coûts liés au transport et aux repas de midi.

Elément important: le début des cours a été fixé à 8h50 afin de permettre aux élèves les plus excentrés d'arriver dans les temps à Berne. «Les Chaux-de-Fonniers devront prendre le train à 7 heures», précise Philippe Gnaegi.