Le Temps: 58% des sondés sont tout à fait ou assez favorables à la réunion de Neuchâtel, du Jura et du Jura bernois. Etes-vous surpris par ce résultat? - Jean Studer : D’une certaine manière, oui. Les perspectives de voir des cantons se regrouper sont souvent perçues comme utopiques. Le signal donné ici, même s’il ne s’agit que d’un sondage, est positif. Cela montre qu’une majorité de la population de l’Arc jurassien a l’habitude de se projeter au-delà des frontières cantonales. Cela est favorisé par les rapprochements déjà effectués, en particulier dans le domaine de la formation avec la Haute école pédagogique Bejune et la HE-Arc. La mobilité s’est accrue. Il est fréquent que des gens vivent dans une région et travaillent dans une autre.

- Avec 50% d’avis favorables et 43% défavorables, les Montagnes neuchâteloises, le Val-de-Ruz et le Val-de-Travers sont les moins enthousiastes à l’idée d’intégrer un supercanton. Comment interprétez-vous cette relative frilosité?

-Cette réserve existe surtout dans les Montagnes. L’adhésion au principe de fusion est freinée par la tentation du communalisme. C’est en particulier le cas au Locle, comme on l’a vu avec le projet de fusion avorté avec La Chaux-de-Fonds. Cette dernière est beaucoup plus ouverte.

- Le sondage montre une large adhésion à une intégration de la ville de Bienne dans la nouvelle entité. Est-ce également souhaitable de votre point de vue?

-Ajouter un pôle urbain et bilingue serait une perspective extrêmement intéressante pour l’attractivité du supercanton. C’est un point qui doit figurer en priorité sur la table si des discussions s’ouvrent sur le plan politique pour faire entrer le projet dans le concret.

- Ce résultat doit-il inciter les autorités politiques à aller de l’avant?

-Le Conseil d’Etat neuchâtelois a déjà dit lors de la précédente législature qu’il était favorable à cette idée. C’est toujours le cas. Nous sommes prêts à participer à des discussions ailleurs qu’au Château de Neuchâtel et à jouer le rôle d’accélérateur. Mais avant cela, il faut savoir si une ouverture existe du côté des autorités jurassiennes et bernoises. Nous avons déjà eu des discussions avec le gouvernement jurassien. Il semblait plus réservé. Nous n’avons pas eu de contact avec les autorités du canton de Berne et du Jura bernois.