Le verdict est sans surprise: 61% des électeurs de la ville de Neuchâtel se sont prononcés dimanche contre le projet de réaménagement des Jeunes-Rives, devisé à 7,5 millions de francs, dont 1,9 à la charge d'Expo.02. Pour Pierre Bonhôte, conseiller communal en charge de l'urbanisme, ce résultat est «décevant, mais pas surprenant». «L'expérience montre qu'il est extrêmement difficile de voir triompher le oui lors d'un référendum, explique le socialiste. Dans le cas présent, la tâche était encore plus difficile puisqu'il portait sur un aménagement paysager. Un besoin moins objectif qu'une route ou une école.»

Pour expliquer une défaite qui fait perdre à la ville «une bonne occasion d'améliorer encore sa qualité de vie», Pierre Bonhôte évoque «la dégradation de la situation financière des collectivités publiques», que ce soit au niveau cantonal ou communal. Selon le membre de l'exécutif, les deux amendements apportés au projet initial par le législatif ont également joué un rôle: le premier supprimait le couvert de 2000 m2 de la Piazza, seul véritable vestige de l'Expo; le second imposait que le nombre de places de parc soit ramené à 100 après l'extension du parking souterrain du Port, «mais au plus tard en 2008». Un dernier ajout qui laissait planer la menace – difficilement acceptable pour beaucoup – d'une perte sèche en places de parc en cas de gel ou d'abandon du projet d'extension du parking du Port.

Dans le camp des référendaires, la victoire – attendue – ne suscite aucun triomphalisme. «Nous sommes satisfaits de la netteté du non et du taux de participation, qui s'élève à 43, 38%, indique simplement Blaise Péquignot. Cela prouve que les gens se sont sentis concernés.» Pour le président de la section neuchâteloise du TCS, il faut maintenant «élargir davantage la réflexion» sur l'avenir des Jeunes-Rives et trouver un projet qui leur apporte «une réelle plus-value». En privilégiant, pourquoi pas, «un partenariat avec des investisseurs privés» afin de limiter les coûts pour la ville.

Défi de taille

Tout le monde s'accordant sur la nécessité de mettre en valeur des Jeunes-Rives en voie de retrouver leur visage d'avant Expo.02, reste à trouver «le» projet fédérateur susceptible d'obtenir l'aval d'une majorité de Neuchâtelois. Un défi de taille qui pourrait prendre plusieurs années avant de se réaliser. «On ne peut pas se lancer dans un nouveau projet juste après un refus populaire», estime Pierre Bonhôte.

Pour faire bouger les choses et perdre un minimum de temps, le mouvement citoyen «Gardons la magie des Jeunes-Rives» a d'ores et déjà déposé une liste de 17 propositions concrètes auprès des autorités communales. Pour le mouvement, il faut valoriser le site et la ville en imaginant un fait architectural marquant. Comme, par exemple, le projet de restaurant immergé pensé par l'architecte neuchâtelois Antoine Wasserfallen. «Une excellente idée», juge Blaise Péquignot.