Enthousiaste, le conseiller communal Olivier Arni, ce mardi au moment de dévoiler le nouveau concept de mise en valeur du parc urbain des Jeunes-Rives entre ville et lac à Neuchâtel. «Nous voulons insuffler un nouvel élan au développement de Neuchâtel, de ses rives et de son centre-ville. Nous présentons une vision urbanistique cohérente et ambitieuse, pour ces 25 prochaines années.»

Il aura besoin de force de conviction et d’abnégation pour que son programme « Ring », dessiné par le bureau d’architectes neuchâtelois frundgallina, ne connaisse pas le même sort que les précédents projets d’aménagements urbains, retoqués en votations populaires. Ainsi en est-il allé du projet de Pierre Bonhôte justement pour les Jeunes-Rives en 2003, un an après Expo.02 ; ainsi est aussi passé à la trappe, il y a tout juste une année, le projet de transformer le carrefour Numa-Droz, porte d’entrée de la cité historique, actuellement réglé par des feux, en une place conviviale avec un rond-point quadrangulaire où auraient dû cohabiter piétons, cyclistes, bus et voitures.

Olivier Arni et l’exécutif de la Ville de Neuchâtel paraissent avoir retenu les leçons des échecs mortifiants du passé. Plutôt que de venir avec un projet « clés en mains », à prendre ou à laisser, ils présentent cette fois des « idées », soumises à une démarche participative, promettant qu’ils tiendront compte des remarques. Ils évitent aussi de séquencer les projets, s’évitant le reproche du manque de cohérence, et proposent un concept global, non seulement pour le parc des Jeunes-Rives, mais également pour dynamiser le commerce du centre-ville et régler l’épineuse question du stationnement automobile.

Plage, pontons et cafés

Assis à côté du ministre UDC du développement territorial Yvan Perrin, l’élu municipal socialiste Olivier Arni a détaillé le clou de la mue urbanistique : l’aménagement du vaste parc de 6 hectares des Jeunes-Rives, qui avait hébergé l’arteplage d’Expo.02. Le projet propose une plage quatre fois plus grande qu’actuellement, avec des gradins, du sable et des pontons. Pour que le site vive, trois restaurants sont prévus, avec terrasses, belvédère et s’avançant sur le lac. Des pavillons seront érigés ici et là, des espaces de jeu et 150 arbres seront plantés. Les Jeunes-Rives veulent être le poumon vert de la ville.

Le talon d’Achille du programme pourrait être son coût, 20 millions de francs, auxquels il faut ajouter 10 millions qui doivent être pris en charge par des investisseurs privés. En 2003, le projet à 7,5 millions avait été jugé «trop cher».

Mais Neuchâtel a assorti le projet « Ring » pour sa plage d’une « vision économique d’ensemble ». Pour rallier à sa cause les commerçants du centre historique, la ville souhaite qu’un grand magasin (vraisemblablement Manor) construise un espace commercial sur l’actuel parc de la place Alexis-Marie Piaget, avec un parking souterrain. «De quoi densifier et dynamiser le commerce au centre-ville.»

Le programme prévoit encore de réaménager la place du Port, de valoriser et animer les quais. Il n’élude pas la question extrêmement sensible des places de stationnement, nombreuses sur et autour des Jeunes-Rives. «Il est prévu de compenser les places perdues par la création d’autres places sur les quais, dans un parking souterrain à construire et dans les P+R de périphéries du Nid-du-Crô et de Serrières», explique la commune. La réflexion entend encore intégrer les dessertes par les transports publics, pour notamment optimiser la liaison entre la ville et la gare.

Conscient des grands dangers sous-jacents de la mue préconisée, Olivier Arni présente le concept dans une exposition, visible du 8 mars au 6 avril au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. Avec des visites guidées, des ateliers et des discussions. Pour conduire le processus participatif, la Ville de Neuchâtel s’appuiera sur les spécialistes de la Communauté d’études pour l’aménagement du territoire (CEAT) de l’EPFL. Les résultats de la consultation seront connus en automne.