Une centaine d’employés de l’industrie horlogère ont finalisé à Neuchâtel leurs revendications en vue des prochaines négociations de leur convention collective de travail (CCT). Ils veulent leur part des bénéfices d’un secteur qui se porte bien et davantage d’égalité.

C’est un syndicat Unia offensif qui a donné rendez-vous aujourd’hui à la presse, sous le soleil, devant le stade de la Maladière. «Ensemble pour une meilleure CCT horlogère!»: c’est fort de ce slogan que les employés se sont rassemblés à Neuchâtel, la ville où a été signée la première convention de l’horlogerie et de la microtechnique en 1937.

La centaine d’employés ont déployé une banderole et brandi des réveils pour signifier aux employeurs qu’il est grand temps d’agir dans l’horlogerie. «Salaires, égalité, temps de travail… rien ne va plus!», pouvait-on lire. Leurs requêtes étaient en préparation depuis plusieurs mois, sur le terrain et dans les comités régionaux.

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Conférence de branche

Les employés les ont finalisés lors de leur conférence de branche. Ils les enverront aux patrons en décembre. Les attentes du personnel sont grandes: revaloriser les salaires, adapter le temps de travail, s’attaquer aux questions du travail temporaire et des fins de carrière, et instaurer, «enfin», l’égalité entre femmes et hommes.

La chorégraphie effectuée sur les marches du stade de football a été orchestrée par Yves Defferrard, membre du comité directeur et responsable du secteur industrie. Le secteur se porte mieux que jamais et «pourtant, il n’y a qu’une stagnation des salaires», a déploré Silvia Locatelli, secrétaire régionale d’Unia Neuchâtel.

Inégalités salariales

La syndicaliste a encore dénoncé les inégalités salariales: «Elles sont plus élevées dans l’horlogerie qu’en moyenne suisse et ne diminuent pas. Ce n’est pas digne d’une industrie de pointe ni d’un fleuron national». Et ces inégalités sont «insoutenables» a-t-elle ajouté, parlant d’un écart supérieur à 20% en défaveur des femmes. «La CCT actuelle date de 2017. Depuis, la vie dans le monde du travail a évolué. Il est temps de moderniser ce texte», a encore expliqué Vincent Koloszczyk, employé dans l’horlogerie et président de la branche. Au-delà du secteur, l’année 2023 sera marquée du sceau de l’industrie, a de son côté souligné Yves Defferrard.

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Outre l’horlogerie et la microtechnique au premier semestre, la CCT de l’industrie des machines devra en effet elle aussi être renouvelée, durant le deuxième semestre. «Il y a les mêmes problèmes à régler dans les deux secteurs», a précisé l’ancien responsable d’Unia dans le canton de Vaud.

Pour mémoire, la CCT horlogère permet à plus de 50 000 employés de bénéficier de meilleures conditions de travail que ce que prévoit la loi. Elle est renégociée régulièrement entre le syndicat Unia et la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CP), un organe basé à La Chaux-de-Fonds.