Coup de tonnerre vert à Neuchâtel. Le canton s’attendait à une journée de grands chambardements. Ce fut un raz de marée. De la part des écologistes avant tout, qui ont tout ramassé sur leur passage, au Conseil national comme au Conseil des Etats.

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Dans la tourmente, l’UDC perd son siège et ne représentera plus Neuchâtel au parlement. Son représentant le plus connu, l’ancien conseiller d’Etat et conseiller national Yvan Perrin, a annoncé qu’il quittait la politique. Le PS a également souffert: les socialistes quittent la Chambre haute où ils étaient présents depuis vingt ans. Le parti de gauche place cependant une nouvelle tête au Conseil national. Récit d’une journée historique.

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«Je m’étais préparée pour le National»

Dimanche matin, les Verts neuchâtelois espéraient revenir sous la coupole fédérale, qu’ils avaient occupée de 1999 à 2015 (avec Fernand Cuche et Francine John-Calame). Quelques heures plus tard, ils décrochaient leur premier siège au Conseil des Etats avec Céline Vara, la vice-présidente du parti suisse, élue depuis seulement 2017 au Grand Conseil du canton. Sans passer par la case Conseil national, la jeune avocate devient sénatrice. Avec 10 035 voix, elle ravit la place du sortant Didier Berberat (PS), très loin devant les deux prétendantes au trône socialiste Martine Docourt Ducommun (8274) et Silvia Locatelli (8641).

La Verte siégera à la Chambre haute en compagnie du conseiller national sortant Philippe Bauer (PLR), meilleur élu du canton (11 044 suffrages), qui prend sans surprise la relève du sortant Raphaël Comte. En pole position aux Etats comme au National, les Verts deviennent le premier parti du canton. Très émue, et un peu décontenancée, leur première sénatrice, Céline Vara, s’est dite «extrêmement honorée du résultat final». Tout en mesurant l’ampleur de la tâche: «Je m’étais préparée pour le Conseil national. Là c’est autre chose. Il va y avoir beaucoup à faire.»

Yvan Perrin fait ses adieux

A la Chambre basse, la surprise principale vient de l’éjection de l’UDC de la députation cantonale. Personne n’aura réussi à sauver le siège de Raymond Clottu, même pas Yvan Perrin. Avant même que les derniers résultats tombent, ce dernier a annoncé son retrait définitif de la politique, estimant porter «une lourde responsabilité personnelle dans la défaite». En septembre, le candidat avait fait faux bond à un débat organisé par la radio régionale RTN, alimentant les rumeurs sur sa santé fragile. «Cette absence n’a pas aidé», a reconnu, au bord des larmes, cette figure cantonale.

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Des larmes, il y en a également eu quelques-unes du côté du Parti socialiste, partagé entre le bonheur de voir Baptiste Hurni, chef de groupe socialiste au Grand Conseil neuchâtelois, accéder au Conseil national, et la défaite cinglante des deux candidates aux Etats. «Le résultat de la gauche est historique, estime le conseiller national sortant Jacques-André Maire (PS). Mais pour le PS, c’est dur. Le message écologiste du parti n’est pas passé. La majorité socialiste du gouvernement neuchâtelois, qui a dû prendre quelques mesures budgétaires difficiles ces derniers temps, a également pu jouer un rôle dans ce désamour.»

Le PLR se maintient, le POP aussi

Après une campagne qualifiée par beaucoup de «complètement hyperactive», l’omniprésent candidat PLR Damien Cottier remporte son pari: il est élu au Conseil national. Cet ancien conseiller personnel du conseiller fédéral Didier Burkhalter prend la relève de Philippe Bauer, lui-même élu aux Etats. Solide, le PLR conserve donc ses deux sièges à Neuchâtel.

Enfin, la troisième tentative aura été la bonne pour le Vert Fabien Fivaz, qui fait son entrée à la Chambre basse. Au coude à coude avec Céline Vara pour la course surprise à un siège au Conseil des Etats, le biologiste termine pour finir troisième (9785 voix) et file au Conseil national. Il y rejoindra l’hémisphère gauche du parlement aux côtés de Denis de la Reussille, unique représentant du POP sous la Coupole et seul réélu du canton dans les mêmes fonctions, qui rempile pour quatre ans.