Le canton de Neuchâtel se dote d’une nouvelle loi sur la police qui clarifie les tâches entre Etat et communes en matière de sécurité. Le texte adopté mardi par le Grand Conseil instaure une cantonalisation de la police.

La révision de la loi sur la police neuchâteloise a été adoptée par 101 voix sans opposition et 13 abstentions. «Cette loi met en application le principe d’une même sécurité pour l’ensemble du canton», a déclaré le conseiller d’Etat PLR Alain Ribaux. Pour le ministre de la justice et de la sécurité, cette révision permettra de faire face aux défis de la sécurité dans le futur.

Tous les groupes parlementaires de la gauche à la droite ont soutenu ce projet de loi. Ils estiment que cette modernisation de la police donnera un nouvel élan à la sécurité du canton.

L’objectif de cette révision est d’établir une solution équitable entre toutes les communes qui devront toutes participer au financement de la sécurité globale du canton au travers de la bascule d’impôt. La sécurité sera donc la même pour tous, indépendamment du lieu de résidence ou d’activité.

Le système de contrats de prestations passe donc à la trappe. Tous les contrats entre l’Etat et les communes ont été dénoncés pour la fin 2014. Ce système n’a pas eu les effets escomptés. Un quart des communes n’avaient pas signé de contrats de prestations avec la police, faisant peser l’entier du poids de leur sécurité publique sur le canton et les autres communes.

Cette loi qui entrera en vigueur en 2015 conserve le principe de police unique inscrit dans la loi de 2007 mais en corrige certains effets, selon le Conseil d’Etat. Elle entend mieux impliquer les communes au travers du Conseil de pilotage de la sécurité publique (CPSP) et des Conseils régionaux de sécurité publique (CRSP).

La responsabilité de la gestion des radars incombe désormais à la police cantonale. «Il y aura un seul niveau d’engagement des radars», a précisé Alain Ribaux qui estime que cette cantonalisation permettra d’éviter une prolifération de ces engins. L’Etat seul décidera de l’affectation du produit des amendes.

Le Grand Conseil a balayé par 95 voix contre 6 un amendement d’un député UDC qui voulait que le produit des amendes soit destiné uniquement à la sécurité routière ou à la formation des élèves conducteurs.

Cette révision précise aussi les conditions d’exercice du droit de grève des policiers qui avaient fait appel l’année dernière à cet outil pour dénoncer le projet de recapitalisation de la caisse de pensions. Désormais, le port d’une arme et l’utilisation des véhicules de service seront interdits dans le cadre de l’exercice des droits de grève et de manifestation.