Commentaire

A Neuchâtel, une députation qui part dans tous les sens

Au moment où il a un urgent et impérieux besoin de relais forts sous la Coupole fédérale pour défendre ses intérêts, Neuchâtel prend le risque de désigner un quatuor on ne peut plus disparate

Les Neuchâtelois sont de bizarres électeurs. Ils sont capables de confier les cinq sièges de leur Conseil d’Etat à deux seuls partis (PS avec 3 sièges et PLR avec 2) et d’élire en même temps un popiste, un UDC, un PLR très libéral et un socialiste au Conseil national. Quatre élus et quatre tendances extrêmement diverses.

Alors qu’il se plaignait d’avoir une députation sans envergure, au moment où il a un urgent et impérieux besoin de relais forts sous la Coupole fédérale pour défendre ses intérêts, Neuchâtel prend le risque de désigner un quatuor on ne peut plus disparate.

Il y a certes un large consensus pour porter les principaux dossiers cantonaux à Berne, mais rien n’indique que les quatre mandataires du Conseil national sauront faire taire leurs divergences philosophiques pour s’allier et parler d’une seule voix. Pire, quand on sait qu’un petit canton a tout intérêt à avoir une députation fédérale qui s’entend bien avec le gouvernement cantonal, on imagine difficilement les trois nouveaux élus de ce dimanche se mettre au garde-à-vous devant un gouvernement à majorité socialiste, où les deux PLR sont modérés et consensuels.

Pour que les voix neuchâteloises à Berne ne s’annulent pas systématiquement et que le canton ne donne pas que l’impression d’une vaste cacophonie, il faut se tourner vers le Conseil des Etats, avec là, la reconduction de deux ambassadeurs de la culture politique cantonale. C’est ainsi sur les épaules de l’expérimenté socialiste Didier Berberat et du futur président du Conseil des Etats en 2016, le libéral-radical Raphaël Comte – ainsi que sur le sortant socialiste du Conseil national Jacques-André Maire – que repose la tâche délicate de faire admettre à la Berne fédérale, politique et administrative, que Neuchâtel a besoin de l’appui financier national pour terminer son autoroute et creuser sa ligne ferroviaire entre le Haut et le Bas.

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