Les syndicats ont de plus en plus de mal à mobiliser leurs troupes à Neuchâtel. L'an dernier, 500 personnes s'étaient déplacées sous une pluie battante pour manifester contre les mesures d'austérité du Conseil d'Etat. Hier soir, malgré un temps sec, elles étaient environ 400 à répondre à l'appel du Syndicat des services publics (SSP-RN), du Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (Saen), du Syndicat des transports publics (SEV) et du Syndicat des magistrats et fonctionnaires (SMF).

Partis de la gare de Neuchâtel, le cortège s'est rendu devant le Péristyle de l'Hôtel de Ville, où plusieurs discours ont été prononcés. Avec comme seule cible les mesures d'économies prévues par le gouvernement dans son projet de budget 2005. Trois points sont tout particulièrement combattus: la prise en charge intégrale de l'indexation des rentes par la caisse de pension de l'Etat; la modification de la répartition des cotisations pour la caisse de pension (0,5% en moins pour le canton compensé par une augmentation symétrique pour les employés); le maintien à 0,1% de la compensation du renchérissement sur les salaires.

Les fonctionnaires seront en outre à nouveau privés d'un bonus salarial: après s'être engagé à augmenter leur salaire de 1% en 2004, le Conseil d'Etat avait décidé l'an dernier de reporter la mesure à 2006. Président du SSP-RN, Daniel Ziegler estime que le cumul de l'ensemble de ces mesures représente «une baisse du pouvoir d'achat de la fonction publique par rapport au secteur privé de 4 à 5%».

Le président du SMF, Pierre de Marcellis, a regretté de son côté la position intransigeante du Conseil d'Etat: «Nous avons proposé mardi matin que les fonctionnaires touchant un salaire de 3400 francs net puissent au moins être indexés. Ça a été refusé.»

Au terme de la manifestation, le SSP-RN a invité tous ses membres à se rendre à la Cité universitaire pour décider des mesures à prendre dans la perspective du vote du budget au Grand Conseil: hormis la compensation du renchérissement, ce sont en effet les députés qui seront appelés à trancher.

Les membres du syndicat ont décidé d'appeler à la mobilisation devant le Château le 30 novembre, date à laquelle les députés participeront à une séance de relevé. Une autre manifestation sera convoquée pour le vote du budget, les 7 et 8 décembre. Un préavis de grève a été voté pour l'après-midi du lundi 29.