Mobilité

Neuchâtel «vend» sa ligne directe à Berne

Le Conseil d’Etat neuchâtelois s’est déplacé «in corpore» au Palais fédéral mardi pour vanter les mérites du canton. En particulier la liaison ferroviaire souterraine dont discute le Conseil des Etats jeudi

L’opération de communication organisée mardi au Palais fédéral par le Conseil d’Etat neuchâtelois visait un but concret et immédiat: vanter les mérites de la liaison ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.

Le gouvernement cantonal s’est déplacé in corpore à Berne pour rencontrer les parlementaires fédéraux et les cadres de l’administration. D’autres cantons mettent sur pied des manifestations de promotion de ce genre, avec des succès divers. Une réception similaire organisée par le gouvernement genevois – avant l’affaire Maudet – n’avait été fréquentée que par une menue poignée de députés alémaniques.

«C’est parce que c’est Genève», s’est désolé un représentant de ce canton. L’agape neuchâteloise a connu un succès plus probant: de nombreux élus d’outre-Sarine sont venus déguster une absinthe, un verre de non-filtré ou découvrir les travaux de recherche menés à Microcity, au Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) ou dans l’industrie horlogère.

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Un moment clé

L’invitation neuchâteloise tombe à un moment clé: c’est jeudi que le Conseil des Etats se prononce sur l’étape d’aménagement 2035 de l’infrastructure ferroviaire, dont la modernisation du tronçon Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds est l’un des éléments. L’apéritif dînatoire visait à convaincre les élus fédéraux de la qualité de cette solution, jugée meilleure que celle qui a la préférence du Conseil fédéral.

Ce dernier se satisfait de la rénovation du tracé historique, qui transite par le rebroussement de Chambrelien et de vétustes tunnels d’altitude. Une nouvelle galerie permettant de contourner le cul-de-sac de Chambrelien serait construite. Cette variante est devisée à 850 millions de francs et ramènerait le temps de parcours de 28 à 21 minutes.

Soutien de Martin Vetterli

Mais le Conseil d’Etat opte pour un autre modèle: une liaison souterraine entre les deux villes, avec une seule halte intermédiaire, à Cernier (Val-de-Ruz). Cette variante coûte 1,15 milliard pour un temps de parcours ramené à 14 minutes. Elle a été retenue par la Commission des transports du Conseil des Etats et devrait logiquement être acceptée jeudi. Mais rien n’est jamais sûr. Et la partie pourrait s’annoncer plus difficile au Conseil national.

En marge de la manifestation de mardi, le conseiller d’Etat Laurent Favre a dissipé les doutes de ceux qui se demandaient si la ligne directe était bien la meilleure option pour le canton. S’appuyant sur un document de l’administration, ces sceptiques redoutent que l’axe direct soit considéré comme du trafic régional dont le financement est coassuré par les cantons alors que la rénovation de l’ancienne liaison garderait sa place dans le réseau grandes lignes dont le financement est couvert par les tarifs.

Laurent Favre écarte cette crainte: il s’est assuré que la liaison directe ferait bien partie du réseau grandes lignes. L’option neuchâteloise est également soutenue par le président de l’EPFL, Martin Vetterli, qui a grandi à Neuchâtel et est un adepte des transports publics: «C’est comme pour le cerveau: la ligne directe est toujours la meilleure», dit-il.

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