Élections

Le Neuchâtelois Denis de la Reussille en lice pour redonner un siège national au POP

C’était attendu à Neuchâtel. Comme en 2005, 2007 et 2011, le président POP du Locle est candidat aux élections fédérales. Ses chances d’élection paraissent plus grandes que lors des précédents scrutins. Il pourrait permettre au POP de retrouver une voix au Conseil national

C’est presque devenu un marronnier des campagnes électorales à Neuchâtel. Que fera le populaire président POP depuis quatorze ans de la Ville du Locle, Denis de la Reussille? S’il s’est toujours dérobé lors des élections au Conseil d’Etat, en 2009, 2010 et 2013, le député de 54 ans est à l’inverse partant «à chaque fois» aux élections fédérales, un mandat de parlementaire à Berne étant compatible avec son travail à temps partiel à la présidence du Locle et son activité de père de famille.

Selon la RTS, Denis de la Reussille sera de nouveau en lice en octobre prochain, aux côtés du député POP et potentiel futur conseiller communal de La Chaux-de-Fonds, Théo Bregnard. POP et Solidarités qui font habituellement liste commune doivent finaliser leurs candidatures. Avec de bonnes chances de redonner une voix au POP au Conseil national, voix éteinte depuis 2011 et le départ de Josef Zisyadis.

Ecarté par les Verts

Pourtant, face au socialiste Pierre Bonhôte en 2005 pour remplacer Jean Studer au Conseil des Etats, puis face à la Verte Francine John-Calame en 2007 et 2011 dans l’élection au Conseil national, Denis de la Reussille a échoué. En raison du système proportionnel d’élection, le POP obtenant moins de suffrages que les Verts. L’écart n’était certes pas très important: à peine 567 suffrages en 2007 et 2800 en 2011, à l’avantage des Verts.

Pourtant, Denis de la Reussille avait à chaque fois obtenu bien plus de suffrages personnels que l’élue Francine John-Calame: 3277 en 2011 (10 297 contre 7020) et 3208 en 2007 (9781 contre 6573). Pourquoi, en 2015, la roue tournerait-elle en faveur du POP?

Le duo de la Reussille-Bregnard surfera sur la vague du mécontentement des Montagnes neuchâteloises, qui se sentent délaissées par le reste du canton. Le dossier le plus criard étant celui de l’organisation hospitalière. Autre élément favorable au POP: la sortante verte Francine John-Calame n’est plus candidate. Et la cote nationale des Verts apparaît en déclin. Atout encore: le passage de cinq à quatre élus neuchâtelois au Conseil national favorisera un peu plus les candidatures fortes, qui ratissent hors de leur sérail.

Reste que la partie n’est pas gagnée pour le POP et Denis de la Reussille. Car le favori de la liste verte est lui aussi un ressortissant des Montagnes, le député Fabien Fivaz. Lui aussi défenseur d’un hôpital «digne de ce nom» à La Chaux-de-Fonds. D’ailleurs, Fabien Fivaz apparaît comme mieux armé électoralement que la terne Francine John-Calame.

Avantage aux écologistes

Ensuite, à l’échelle neuchâteloise, rien n’indique que le POP pourrait dépasser les Verts. Lors des élections cantonales de 2013, dans la course au gouvernement, le Vert Patrick Herrmann avait fait mieux que le popiste Nago Humbert (près de 1500 voix de plus) et dans l’élection au Grand Conseil, les Verts ont totalisé 104 000 suffrages (12 députés) contre 63 500 au POP (9 députés). Le POP a le désavantage de n’être fort qu’au Locle et La Chaux-de-Fonds. Et les Montagnes ne font pas la loi électorale dans le canton.

La seule certitude, c’est qu’apparentés, Verts, POP et Solidarités conserveront un siège neuchâtelois au Conseil national. La lutte interne contribuera à l’asseoir. Le fauteuil socialiste occupé par Jacques-André Maire est lui aussi garanti.

Pronostic favorable au PLR

Le siège perdu le sera à droite. Actuellement, deux PLR et un UDC neuchâtelois siègent à la Chambre du peuple. La lutte sera serrée entre ces deux partis, qui ne seront pas apparentés, pour conserver les acquis.

Un pronostic a la cote actuellement: allié des vert’libéraux, du PDC et du PBD, le PLR pourrait totaliser 36% des suffrages, soit plus du double d’une UDC aux abois, orpheline de sa locomotive électorale Yvan Perrin. Ce qui offrirait deux sièges au PLR et aucun à l’UDC.

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