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Les Neuchâtelois maintiennent une CCT unique dans la santé

Ce dimanche, les votants ont désavoué leur parlement en approuvant deux référendums de la gauche. Celle-ci s'attaquait à une décision du Grand Conseil sur le cadre légal dans les hôpitaux

Le personnel soignant et le personnel non soignant du secteur de la santé seront toujours au bénéfice d'une même convention collective de travail (CCT) dans le canton de Neuchâtel. Les citoyens ont refusé dimanche à plus de 76% de supprimer la CCT Santé 21.

Cette réforme aurait contraint des établissements comme l'Hôpital neuchâtelois (HNE), les établissements et maisons pour les personnes âgées ou le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) à se doter de deux CCT distinctes. L'une aurait regroupé les infirmières et l'autre, par exemple, les cuisiniers et les femmes de ménage.

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Le Grand Conseil avait approuvé

Le Grand Conseil à majorité de droite avait accepté en mars à une faible majorité de supprimer la notion de CCT Santé 21 dans deux textes de loi, l'un concernant les établissements de droit public et l'autre ceux de droit privé. Cette décision a été contestée par deux référendums lancés par la gauche et les syndicats.

Les citoyens ont rejeté dimanche le modèle défendu par la droite. Ils ont refusé par 30 140 voix contre 9232 la modification de la loi sur le CNP, l'HNE et les soins à domicile Nomad et, par 30 355 voix contre 8990 celle sur le financement des EMS. La participation s'est élevée à 29,3%.

Dans un communiqué, le Conseil d'Etat «se réjouit de ces résultats qui marquent l’importance que la population accorde au partenariat social et aux conditions négociées dans ce cadre entre les acteurs de la santé.»

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Victoire de la gauche

Pour la gauche et les syndicats, il fallait maintenir la CCT unique qui couvre 5700 employés pour éviter une détérioration des conditions de travail et une tendance à la sous-enchère salariale dans un canton frontalier. Les référendaires ont aussi expliqué que son coût n'avait aucun lien avec la hausse des primes maladie.

Les opposants à la disparition de la CCT unique ont expliqué qu'il était difficile de séparer les professions soignantes des professions non soignantes comme les cuisiniers ou les animateurs. De nombreux emplois qualifiés de techniques participent à la chaîne des soins et sont en contact avec les patients ou leurs proches.

Pour l'UDC et le PLR, cette CCT Santé 21 est trop généreuse avec le personnel et trop coûteuse pour les établissements de santé publique du canton. Les travailleurs de la santé ne doivent donc pas être placés sous la même CCT. Durant la campagne, ils ont affirmé que l'Etat n'avait plus les moyens de maintenir ces acquis.

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