Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les socialistes Laurent Kurth, Monika Maire-Hefti et Jean-Nat Karakash.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT / Keystone

Elections

Les Neuchâtelois optent pour le statu quo et le retour à la stabilité

Les cinq conseillers d’Etat sortants, trois socialistes et deux PLR, arrivent largement en tête du premier tour

Il n’y a pas eu de suspense au Château de Neuchâtel, le fief du Conseil d’Etat. Dès que les premiers résultats des communes sont tombés, tous les doutes ont été levés. Le peuple a fait le choix d’un vote gouvernemental, donnant un signal clair en faveur des cinq ministres en place, à savoir les trois socialistes Jean-Nat Karakash, Monika Maire-Hefti et Laurent Kurth, de même que les deux PLR Laurent Favre et Alain Ribaux.

Les outsiders n’ont jamais inquiété les magistrats en place. A gauche, le Vert Fabien Fivaz, dont certains ont douté de sa volonté de conquérir le Château, a été vite décroché. Même phénomène au PLR où Isabelle Weber-von Kaenel, malgré une bonne campagne, n’a jamais pu donner l’illusion à la droite de reconquérir la majorité à l’exécutif. Quant à l’UDC, ses trois candidats ont été réduits à faire de la figuration. Jean-Charles Legrix, Xavier Challandes et Stephan Moser ont même été battus par le popiste Nago Humbert.

Un coup de balai

Après avoir donné un grand coup de balai en 2013, le souverain a donc cette année fait le choix de la stabilité. Voici quatre ans, il n’avait pas supporté d’apprendre que trois de ses ministres – Gisèle Ory, Philippe Gnaegi et Frédéric Hainard – s’étaient un jour exilés dans le Seeland bernois pour former une sorte de cabinet fantôme contre le duo Jean Studer-Claude Nicati. Cette année, le peuple a pris acte avec satisfaction que le collège fonctionnait de nouveau, une fois refermée la brève parenthèse du règne d’Yvan Perrin (UDC), victime d’un burn-out en 2014. Le temps des ministres «Kleenex» – que l’on renvoie après une législature voire moins – semble révolu.

Je constate aujourd’hui un progrès énorme pour la crédibilité des institutions.

Laurent Kurth

Le 12 février dernier, la cinglante défaite du Conseil d’Etat sur le dossier hospitalier avait pourtant redonné un brin d’espoir aux prétendants. «C’est une nouvelle campagne qui commence», avaient affirmé aussi bien Fabien Fivaz qu’Isabelle Weber. Il n’en a rien été. Le peuple a certes infligé un carton jaune au pilote du dossier Laurent Kurth, relégué au dernier rang des élus, mais sans lui indiquer la porte de sortie. Le responsable de la santé et des finances a conservé une confortable avance de plus de 5000 voix sur le Vert de La Chaux-de-Fonds et la présidente de la commune de Cornaux. Isabelle Weber n’était pas surprise des résultats du premier tour et regrettait le côté un brin schizophrénique du vote de la population.

«Durant la campagne, j’ai pu constater que les gens n’étaient pas contents du bilan de ce gouvernement, mais ils n’ont pas osé le changement», a-t-elle relevé. Un peu comme si la sérénité recouvrée du Conseil d’Etat suffisait à en faire un programme de législature. Laurent Kurth tenait quant à lui un tout autre langage. «Je constate aujourd’hui un progrès énorme pour la crédibilité des institutions. Cela nous légitime à poursuivre notre action de réformer ce canton en profondeur», déclarait-il.

Défis futurs

Justement, cet avenir est tout sauf radieux pour le futur Conseil d’Etat. En dehors de finances au déficit abyssal, le gouvernement devra affronter le peuple sur deux projets certes moins passionnels que la question hospitalière, mais tout de même délicats: la construction d’un nouvel hôtel judiciaire à La Chaux-de-Fonds désormais devisée à 48 millions, ainsi que la circonscription unique, qui traduit la vision d’un canton désormais pensé comme un seul espace. Alain Ribaux, qui pilote ces deux dossiers en tant que chef du Département de la justice, de la sécurité et de la culture, restait lucide.

Pas de majorité absolue

«Je concède que la marque de défiance envers le Conseil d’Etat n’a pas disparu dans toutes les parties du canton, dont certaines craignent une perte d’identité», a-t-il confié. Mais il se voulait plutôt optimiste. Il ne croit pas à un règlement de comptes des citoyens du Littoral, qui ont rejeté l’initiative plébiscitée par les Montagnes sur la question hospitalière. «Bien sûr que ces votes seront serrés. Mais je suis persuadé que les gens du Bas ne se montreront pas revanchards et comprendront le besoin d’unité du canton», affirme Alain Ribaux.

Ce dimanche, aucun des ministres sortants n’a atteint la majorité absolue, même si le socialiste Jean-Nat Karakash et les deux PLR Laurent Favre et Alain Ribaux l’ont frôlée. Un deuxième tour, agendé au 23 avril, reste possible. Aux Verts et au PLR d’en décider d’ici à mardi prochain.


Au Grand Conseil, le PLR cartonne, l’UDC s’effondre

Alors que l’élection au Conseil d’État a été marquée par le statu quo, celle du Grand Conseil a été beaucoup plus disputée. De manière générale, la force des blocs entre la gauche et la droite ne subit de grands bouleversements: 57 sièges (+ 3) pour la gauche, 52 (- 3) pour la droite. Le centre-droit, formé des Verts libéraux et du PDC qui décrochent 6 sièges au total, continuera à jouer un rôle d’arbitre décisif selon les dossiers.

Défaite cuisante

A l’intérieur des groupes en revanche, les changements sont spectaculaires: le PLR progresse de 8 sièges, alors que l’UDC, qui a presque toujours progressé dans les parlements cantonaux en Suisse même si elle enregistrait parfois des revers à l’exécutif, subit une cuisante défaite: comme elle n’a notamment pas atteint le quorum de 10% dans le district de Neuchâtel, elle perd 11 de ses 20 sièges au total.

«Sous le choc»

Le conseiller national Raymond Clottu s’attendait à une défaite pour son parti, mais jamais de cette ampleur. «Je suis sous le choc», avouait-il ce dimanche sur le coup des 21h. Il escomptait certes une perte de cinq sièges, mais pas plus. «Il n’y a plus de pilote dans l’avion au sein de notre parti cantonal», regrettait-il. Le nouveau président de l’UDC depuis janvier 2016, Yvan Perrin, n’a visiblement pas réussi a motivé à nouveau les troupes. Le 9 février dernier, l’UDC cantonale a certes lancé une initiative anti-frontaliers («Les nôtres avant les autres») pour favoriser le recrutement de la main-d’œuvre indigène. Mais cette démarche n’a visiblement pas convaincu les électeurs.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a