élections fédérales

La Neuchâteloise Sylvie Perrinjaquet ne repart pas

Fin de carrière politique annoncée pour la libérale-radicale neuchâteloise Sylvie Perrinjaquet. Battue en 2011, repêchée en 2013, elle a informé son parti qu’elle ne serait plus candidate au Conseil national en octobre prochain

Elle s’était faite discrète depuis qu’elle avait été évincée du Conseil national, en octobre 2011. Elle avait même annoncé son retrait de la vie politique. Pourtant, première des viennent-ensuite, elle avait accepté son repêchage en mai 2013, lorsqu’Alain Ribaux était passé du parlement fédéral au Conseil d’Etat neuchâtelois. Deux ans plus tard, en toute discrétion, elle a informé son parti, le PLR neuchâtelois, qu’elle ne briguerait pas de nouveau mandat en octobre 2015.

De toute façon, Sylvie Perrinjaquet n’était plus en odeur de sainteté depuis longtemps au PLR. Elle avait d’ailleurs dit tout le mal qu’elle pensait de son parti en 2011. Depuis qu’elle est retournée à Berne en 2013, elle s’est très peu montrée. Au PLR neuchâtelois, on avait préparé un plan susceptible de l’évincer: des primaires internes, prévue le 21 mars.

Sylvie Perrinjaquet s’est évitée une nouvelle humiliation. Elle préfère se retirer sur la pointe des pieds, après trois décennies de vie politique, affirmant vouloir se consacrer à «d’autres projets».

L’ancienne formatrice d’enseignants d’école maternelle a gravi tous les échelons des institutions. De Chez-le-Bart au Château de Neuchâtel, où elle a été députée et notamment présidente de la commission d’enquête parlementaire après «l’affaire Jacot-Amodio». Brûlant la politesse aux caciques masculins du Parti libéral, elle est élue au Conseil d’Etat en 2011, où elle devient ministre des Finances. Réélue en 2005, elle est victime de la nouvelle majorité de gauche et se voit reléguée au Département de l’éducation. Elle en fait une crise publique.

Elle accède au Conseil national en 2007 et décide de quitter le gouvernement cantonal en 2009. Elle subira un gros échec en 2011. Sortante, elle est dépassée sur la liste PLR par le challenger Alain Ribaux, et est évincée du parlement fédéral. Elle profitera de l’élection du même Alain Ribaux au Conseil d’Etat en 2013 pour retourner, l’espace de deux ans et quelques mois, au Conseil national.

Sylvie Perrinjaquet, qui aura 60 ans en août, a mené une carrière semée d’embûches, souvent posées par son propre camp PLR. Alors candidate au gouvernement en 2001, certains de ses «amis» libéraux l’avaient affublée de la formule peu amène de «coquille vide», qui lui a collé à la peau tout au long de ses mandats. Elle n’en a eu cure, menant fièrement et avec conviction ses différents mandats, manifestant du caractère et une grande indépendance d’esprit et d’action.

Deux autres sortants PLR neuchâtelois briguent un nouveau mandat, le conseiller aux Etats Raphaël Comte et celui qui a remplacé Laurent Favre en décembre 2014, le Chaux-de-Fonnier Pierre-André Monnard. Le PLR neuchâtelois tient son assemblée d’investiture le 21 mars.

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