Censée adoucir les mœurs, la neutralité agite la Suisse politico-médiatique. La guerre en Ukraine et l’agression russe secouent les certitudes et les habitudes en politique étrangère. Révélateurs, les quelques jours de flottement au début du conflit l’ont bien souligné, lorsque le Conseil fédéral se tâtait pour savoir s’il allait reprendre les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de Moscou. Finalement, Berne a choisi le parti du droit international et de ses traditionnels alliés occidentaux. Mais le débat ne s’est pas terminé pour autant. Doit-on faire davantage pour aider l’Ukraine? Ou au contraire faut-il faire preuve de plus de retenue en raison du statut de pays neutre?