Catherine Cossy

Samih Sawiris et sa société Orascom doivent pour le moment affronter une situation économique aussi glaciale que les vents qui balaient le plateau d’Andermatt. La construction du village de vacances dans la station uranaise a pris un sérieux retard. Le milliardaire égyptien a été contraint fin novembre d’annoncer à la population locale que le centre sportif ne sera pas ouvert avant la fin 2018. Comportant notamment une piscine et une halle couverte, il avait pourtant été promis au village pour fin 2013, alors qu’il s’agissait de gagner la votation sur le nouveau plan de zones. L’édification d’un deuxième hôtel de luxe, dont l’inauguration était prévue dans un premier temps également pour 2013, est également reportée à fin 2017.

Les responsables de Andermatt Swiss Alps, la filiale du groupe Orascom chargée du projet uranais, ne l’ont pas caché, il a fallu revoir le plan d’investissement et les infrastructures prévues ne pourront être réalisées que par étapes. Seul l’hôtel de luxe Chedi, près de la gare, devrait ouvrir pour la saison d’hiver 2013. Et dans la zone de New Andermatt s’élève pour le moment une unique villa. Elle appartient à l’entrepreneur schaffhousois Giorgo Behr et devrait être habitable d’ici l’été.

Le terrain de golf est également prêt. Mais selon le plan de zones, Samih Sawiris ne peut pas le mettre en service avant que le centre sportif soit ouvert. Pour que les premiers clients du Chedi ne doivent pas renoncer à leur sport favori, l’investisseur égyptien a annoncé une solution transitoire. Andermatt Swiss Alps prendra à sa charge dès l’été 2013 les coûts pour le transport des élèves et l’entrée des habitants du village dans autre piscine.

Les raisons de ce revers sont multiples. « Orascom était une histoire à succès. Puis sont venus la crise économique, le printemps arabe, la crise de l’euro et le franc fort. Et plus rien n’était comme avant », avait déclaré cet été au TagesAnzeiger Gerhard Niesslein, le CEO d’Orascom. L’acceptation de l’initiative Weber fait également courir un risque supplémentaire aux potentiels acheteurs de villas et appartements de vacances. Même si les autorités uranaises continuent à affirmer qu’il n’y a aucun problème et que le projet est une entité reposant sur un plan de quartier déjà accepté avant la votation. Franz Weber est prêt à faire recours.

Début décembre, le groupe Orascom a annoncé une perte de 31,9 millions de francs au troisième trimestre 2012. Sur neuf mois, le déficit atteint 59,1 millions de francs, contre un déficit de 18,9 millions à la même époque l’année précédente. Le cash-flow a toutefois augmenté, comme le chiffre d’affaires, qui a progressé au troisième trimestre de 3,7% à 57,7 millions de francs. Cela n’a pas empêché l’action du groupe de dégringoler.