«Schweiz am Sonntag» et la «NZZ» reprennent des informations révélées par le « Guardian », le « Washington post » et le « Spiegel » au sujet de la surveillance de la NSA. « Pour la première fois, les documents d’Edward Snowden démontrent qu’un diplomate suisse a été espionné par les services secrets américains et britanniques », écrit «Schweiz am Sonntag».

Une base de données contenant des numéros de téléphone et des adresses e-mail de personnes devant être suivies spécifiquement a été dévoilée par les documents du lanceur d’alerte Edward Snowden. Dans cette liste figure le diplomate suisse Nicolas Imboden, ex-membre de la direction du secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). « J’ai été informé vendredi par un journaliste allemand que j’ai été écouté par la NSA et les services secrets britanniques », répond Nicolas Imboden à «Schweiz am Sonntag».

« J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une mauvaise blague », poursuit-il. Les écoutes auraient eu lieu entre 2008 et 2009, mais Nicolas Imboden dit ne pas savoir si elles sont toujours d’actualité ou pas. L’intérêt de la NSA et des services secrets britanniques portait apparemment sur les activités de Nicolas Imboden comme directeur de l’ONG « Ideas Centre », qui a défendu des pays africains - comme le Tchad, le Mali ou le Bénin – et des pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, dans le cadre d’un conflit autour des subventions du coton. Nicolas Imboden est aujourd’hui expert pour la banque mondiale et directeur de l’organisation « Médecins du monde ». « Si je suis effectivement une personne désignée par des écoutes, alors il faut considérer que la surveillance exercée est très étroite », souligne Nicolas Imboden.

Inquiétudes au sujet de l’initiative «Contre l’immigration de masse»

Outre ces révélations, c’est la votation sur l’initiative UDC « Contre l’immigration de masse » qui occupe surtout la presse dominicale. D’ici à octobre 2014, Didier Burkhalter devra avoir mis sous toit de nouveaux accords bilatéraux avec l’Europe, rappelle « Schweiz am Sonntag », alors que l’initiative UDC représente un écueil pour ce processus.

Le «Matin Dimanche» donne la parole au président ad interim de l’EPFL qui s’inquiète de l’avenir des projets de recherche suisses qui collaborent avec l’Europe, en cas d’acceptation de l’initiative. Il souligne aussi que deux tiers des professeurs de l’EPFL viennent de l’étranger. Ainsi que des étudiants qui, souvent, lancent ensuite des starts-up.

«Schweiz am Sonntag» souligne que les opposants et les initiants se battent à coup de chiffres pour prouver l’impact économique de l’immigration. « Ne crois aucune statistique que tu n’aurais pas faite toi-même », écrit le journal dominical en introduction, pour illustrer la guerre des chiffres autour de ce texte. Pour les opposants à l’initiative, depuis l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes en 2002, la hausse du PIB réel par habitant adulte en Suisse est de 4500 euros contre 3600 euros pour l’Allemagne ou l’Autriche. Ce à quoi les initiants rétorquent que cette augmentation n’est que de 800 euros si l’on considère la période de 2007 à 2012.

Dans la «NZZ am Sonntag», c’est Roberto Balzaretti, ambassadeur de Suisse à Bruxelles, qui craint un nouveau blocage avec l’Europe en cas d’acceptation de l’initiative. « Ce texte n’est pas compatible juridiquement avec la libre circulation des personnes », explique-t-il. La Suisse et l’Europe comptent plusieurs négociations ouvertes et le seront encore en février, au moment de la votation. « Je suis convaincu que l’Union européenne ne fera pas comme si de rien n’était », estime Roberto Balzaretti. L’ambassadeur s’est aussi exprimé en ce sens dans nos colonnes.

La « Sonntagszeitung » donne, elle, la parole à Ueli Maurer, dont le mandat présidentiel arrive à terme. Tout en affirmant que la collégialité est importante à ses yeux, le conseiller fédéral recommande de voter oui à l’initiative de son parti.

Plusieurs journaux dominicaux révèlent encore que l’Office fédéral de l’environnement utilise trop de CO2 pour quelque 53’000 voyages en avion en trois ans. Des voyages qui ont augmenté de 40% depuis 2006.

Les rançons suisses enrichissent Al-Qaida

La « Sonntagszeitung » estime par ailleurs que la Suisse aurait payé 4 millions de dollars pour la libération d’otages détenus par Al-Qaida au Maghreb. Des informations qu’une « source gouvernementale fiable » lui aurait confirmé. Le groupe terroriste avait enlevé le Suisse Werner Greiner au Niger en 2009 avec sa femme, ainsi que trois autres touristes. Alors qu’un otage britannique a été décapité, Werner Greiner a été libéré. Tout comme sa femme dont la libération avait eu lieu avant la sienne.

Selon un spécialiste de la sécurité, Christian Nünlist, sept Suisses ont été kidnappés dans la région du Sahel depuis 2003. Il estime le butin global du groupe terroriste à quelque 89 millions de dollars durant les dix dernières années. Le paiement d’une rançon pour Silvia Erberhardt détenue par Al-Qaida au Yemen est aussi critiqué. Pour sa libération, ainsi que pour celle de trois autres otages d’autres pays, l’organisation aurait touché 22 millions de dollars. Le montant pour la libération d’un otage aurait augmenté, selon l’expert, de 4 millions par tête en 2010 à 5 millions aujourd’hui. La Confédération répond qu’elle ne paie généralement pas de rançon.